Moyen-Orient et Afrique du Nord

Situation actuelle

Le Proche et le Moyen-Orient ont signalé d'importantes saisies d'amphétamines ces dernières années. Les rapports de saisies d'amphétamines de pays du Moyen-Orient réfèrent majoritairement à des comprimés portant le logo Captagon. Bien que la nature des ingrédients psychoactifs de ces tablettes ne soit pas toujours déclinée, les rapports semblent indiquer que les comprimés distribués au Moyen Orient (plus particulièrement en Arabie Saoudite) sont majoritairement composés d'amphétamines provenant d'Europe du Sud-Est, souvent accompagnées de caféine. Il est probable que la drogue soit transformée en comprimés dans des laboratoires placés le long de l'itinéraire. La Jordanie, le Liban, la Turquie et la République arabe syrienne constituent d'importants points de transit. De plus, la Turquie est un important pays de transit pour l'héroïne. En Afrique du Nord, on dénombre d'importantes saisies d'herbe de cannabis au Maroc.

Saisies de substances de type amphétamines, 2008

Global seizures of amphetamine

Source : Rapport mondial sur les drogues 2010, ONUDC

Situation régionale

L'ONUDC lutte contre le narcotrafic dans le cadre du Programme régional pour les Etats arabes

La région arabe comprend trois zones géographiques diverses et culturellement distinctes, qui sont la région du Moyen-Orient, le Maghreb et les Etats du Golfe. Ces trois régions connaissent des différences et des disparités considérables aux plans économique, politique, juridique, culturel et relatif au développement. Les capacités nationales, les aptitudes et l'adhésion aux traités liés aux mandats et opérations de l'ONUDC varient sensiblement selon les pays.

De plus, cette région comprend des Etats en conflits, d'autres sortant d'un conflit ou encore fragilisés. L'on peut notamment citer le conflit actuel entre Israël et l'Autorité palestinienne, la situation instable entre l'Irak et le Soudan, la conjoncture au Darfour, qui créent un environnement de violences et de tensions à la fois au sein des pays concernés mais également dans l'ensemble de la région.

Les gouvernements instables, l'insécurité, les conflits, la pauvreté et les disparités économiques présents dans les pays de la région constituent autant d'opportunités pour la criminalité transnationale organisée. Cela s'est traduit par une augmentation du trafic de stupéfiants, de la traite des personnes, des flux financiers illégaux, du trafic d'armes, par de la criminalité et les opérations de blanchiment d'argent qui en découle.

En raison des emplacements stratégiques des pays et des mesures de contrôle relativement faibles, les activités illicites liées au trafic de stupéfiants, d'armes à feu, de personnes ou de migrants se généralisent dans la région, profitant d'autant plus aux organisations criminelles locales et internationales. Les problématiques de contrôle des drogues et de la criminalité prennent toujours plus d'importance dans la région. Ils pourraient s'intensifier si des mesures et un discours clair ne sont pas appliqués, plus particulièrement contre le trafic de stupéfiants, la traite des personnes, le trafic des migrants et le terrorisme. Le VIH/SIDA, qui n'était jusqu'à présent pas un problème répandu au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, est aujourd'hui en hausse, plus particulièrement chez les consommateurs de drogues par injection et les détenus. La situation est d'autant plus précaire en raison du manque d'efficacité des systèmes de justice pénale.

Les ébauches du Programme régional sur le contrôle des drogues, la prévention de la criminalité et la réforme de la justice pénale 2011-2015, de la Déclaration politique (Déclaration du Caire) et du statut d'un comité de direction et de suivi du programme régional ont été évoqués puis développés lors d'une réunion d'experts régionale. Cette dernière s'est déroulée au Caire du 27 au 29 avril 2010 (en partenariat avec la Ligue des Etats arabes et le Gouvernement égyptien) en présence d'experts délégués des Ministères de l'intérieur, de la justice et de la santé des 18 pays de la région, à savoir l'Algérie, Bahreïn, l'Egypte, l'Irak, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, le Maroc, Oman, l'Autorité palestinienne, le Qatar, l'Arabie saoudite, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, les Emirats arabes unis et le Yémen.

Le 8 décembre 2010, le programme régional a été approuvé par les différents Ministres du Conseil de la Ligue des Etats arabes et a été officialisé par le Directeur exécutif de l'ONUDC et le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes.

L'ONUDC est actuellement engagé dans différents programmes de coopération régionaux et internationaux dans l'ensemble de la région. De tels programmes luttent contre le trafic illicite par différents moyens :

  • Assister les services de contrôle des drogues et les autorités douanières pour renforcer leurs capacités d'application de la loi, de contrôle des drogues et de répression par le biais de formations spécialisées et d'équipements ;
  • Renforcer la coopération en matière de répression des drogues aux plans régional et sous-régional au moyen de réunions, d'ateliers et de formations de fonctionnaires de pays sélectionnés ;
  • Soutenir des entités régionales, telles que le Centre d'information criminelle du Golfe, en tant que pôle de représentation des services de répression de chaque Etat membre du Conseil de coopération du Golfe ;
  • Renforcer les capacités des systèmes de justice pénale pour lutter contre le trafic illicite dans les pays de la région en établissant des cadres législatifs adaptés et en renforçant les capacités des services de répression ;
  • Renforcer les capacités des systèmes de justice pénale dans des pays sélectionnés afin d'enquêter sur les trafiquants, les poursuivre en justice et les faire déclarer coupables.