S'attaquer à la criminalité organisée pour sauver le tigre, déclare le Directeur exécutif de l'UNODC

Photo: Google images

English/anglais

24 novembre 2010 - Le nombre total de tigres à travers le monde a chuté, de près de 100.000 il y a un siècle, il est passé à 3.200/3.500 aujourd'hui, et ne cesse de baisser. Depuis cette dernière décennie, le nombre de tigre a baissé de 40% à cause de la dégradation, la fragmentation et la perte de l'habitat ; du braconnage ; du commerce illicite de la faune ; et de la contrebande.

Le 21 novembre, les chefs d'Etat et diplomates de haut niveau de 11 pays-clés se sont réunis, pour la première fois, à St Petersburg pour discuter le destin du tigre. Avec l'appui de la Banque mondiale et d'autres organisations internationales dont l'UNODC, le Sommet du tigre est considéré comme la réunion de la dernière chance pour sauver le tigre. Le tigre est protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d'extinction (CITES), un accord entre 175 nations garantissant que le commerce international de spécimens de faune et de flore sauvages ne menace pas leur survie.

S'adressant au Sommet, le Directeur exécutif de l'UNODC Yury Fedotov déclara, « Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, m'a chargé de vous dire qu'il apporte tout son appui à ce Forum opportun. Il se félicite de cette initiative et espère qu'elle obtiendra des résultats tangibles. »

Une étude de l'UNODC datant de 2010, La mondialisation du crime note : « la chasse du tigre est délibérée et systématique et il y a des preuves de l'existence de commandes. » L'une des menaces principales, si ce n'est la plus importante, à la survie des tigres en liberté est le commerce particulièrement lucratif de tigres, notamment pour sa peau, ses griffes, ses yeux, ses oreilles et autres organes.

« En 2009, les peaux de tigres se sont vendues pour près de 20.000 dollars US, et les os atteignaient un prix de 1.200 dollars US par kilogramme. L'UNODC estime au bas mot que le volume du marché annuel pour les membres de tigres est de 150 peaux de tigres et près de 1.500 kg d'os, avec une valeur totale approchant les 5 million de dollars US. Comme nous le savons, 150 tigres représentent presque 5% des tigres vivant encore en liberté. Si nous ne mettons pas fin au trafic de tigre aujourd'hui, les criminels vont causer l'extinction de cette magnifique espèce dans les années à venir, » dit M. Fedotov.

Soulignant le fait que mettre fin au crime contre la faune sauvage et les espèces en danger, particulièrement au trafic transnational, nécessite une réponse mondiale coordonnée, M. Fedotov ajouta : « Au niveau national, il faut renforcer les capacités d'application des lois pour lutter contre cette criminalité et contre les atteintes à l'environnement en général. Au niveau international, il faut encourager et développer une culture de coopération et d'échange des renseignements sur la criminalité pour que cesse le trafic transnational des espèces en danger. »

« L'UNODC est le gardien de deux traités internationaux (la Convention contre la criminalité transnationale organisée et la Convention contre la corruption) dont le mandat et la priorité sont de combattre la criminalité organisée et la corruption, » ajouta M. Fedotov. « Grâce à notre expertise dans les domaines de la prévention du crime et de la justice pénale, basée sur les normes et standards des Nations Unies, combinée à de nombreuses années d'expérience dans l'aide aux Etats dans la lutte contre le crime, l'UNODC dispose d'une position optimale pour aider les pays du tigre. Nous pouvons les aider à améliorer leur capacité à identifier, tracer, geler et confisquer les recettes de ces activités ; perfectionner les échanges d'information et la coopération régionale et internationale dans l'application de la loi, » dit M. Fedotov.

Dans l'objectif de renforcer les efforts de protection des tigres en plus de son mandat plus large de lutte contre le crime environnemental, l'UNODC fait équipe avec l'Organisation mondiale des douanes (OMD), CITES, la Banque mondiale et INTERPOL pour établir le Consortium International de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC). Pendant le Sommet, les chefs de ces institutions signèrent un Protocole d'accord, sous la présidence de M. Vladimir Poutine.

L'objectif de ce partenariat sera de fournir des services coordonnés aux pays du tigre pour aider à la mise en œuvre d'un programme de support mondial sur le combat contre la criminalité liée aux espèces sauvages. INTERPOL et l'OMD soutiendront les efforts opérationnels, tandis que l'UNODC et CITES soutiendront les évaluations et le renforcement des capacités, sur la base des demandes spécifiques des Etats. La Banque mondiale fournira un soutien supplémentaire à ce partenariat, notamment des services financiers.

Faire partie du Consortium ouvre une nouvelle ère pour l'engagement de l'UNODC dans la lutte contre le crime environnemental, avec une attention particulière sur la criminalité liée aux espèces sauvages. L'expertise et l'expérience de l'UNODC dans le soutien à la formulation de politiques et au renforcement des capacités des Etats membres dans la lutte contre d'autres formes de criminalité organisée (telles que le trafic de stupéfiants) sont des qualités hautement pertinentes. M. Fedotov pense que l'UNODC pourra jouer un rôle central dans le Consortium.

En outre, l'UNODC développe actuellement un « ensemble d'outils pour l'évaluation de la criminalité liée aux espèces sauvages et à la forêt » qui sera disponible début 2011. La Banque mondiale fut l'un des principaux contributeurs au processus de création de cet ensemble d'outils, particulièrement sous l'angle de la gestion des ressources naturelles.

Information complémentaire:

Communiqué de presse conjoint

[close]
Related Videos
    All Multimedia