La coopération internationale peut aider à vaincre la criminalité organisée - Directeur exécutif de l'UNODC

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UNODC Executive Director Yury Fedotov; Photo: UNODC

18 octobre 2010 - La criminalité, souvent liée aux stupéfiants, sème le trouble et inflige de la souffrance aux communautés partout dans le monde. Dix ans après l'adoption de la Convention des Nations Unies contre la Criminalité Transnationale Organisée (UNTOC) à Palerme, la Conférence des Etats parties à la Convention s'est réuni à Vienne pour donner un nouvel élan au combat contre cette grave menace à la sécurité, au développement et à la santé publique. Stopper la criminalité transnationale organisée, qui a « considérablement augmenté, atteignant des proportions globales » doit devenir une priorité internationale, indique Yury Fedotov, Directeur exécutif de l'UNODC.

 

Durant cette 5 e session de la Conférence, les gouvernements vont aborder le problème des formes émergentes de la criminalité, telles que la cybercriminalité ou le trafic de médicaments de contrefaçon et d'espèces en voie de disparition. Les biens illicites sont issus d'un continent, trafiqués à travers un autre et à destination d'un troisième. L'immensité des profits ainsi générés est stupéfiante. Dans certains cas, la valeur de ces flux régionaux dépasse le PIB des Etats concernés.

 

Voici quelques exemples :

  • La trafic de ressources naturelles : le bois de construction trafiqué d'Asie du Sud-est vers l'Union européenne et l'Asie représente 3.5 milliards de Dollars US de revenus criminels par an - et contribue à la déforestation, à la perte de logements, à la disparition d'espèces, au changement climatique et augmente la pauvreté.
  • Les médicaments de contrefaçon d'Asie, d'une valeur estimée à 1.6 milliards de Dollars US, atterrissent en Asie du Sud-est et en Afrique, où ils tuent au lieu de guérir.
  • La cybercriminalité : le vol d'identité produit 1 milliard de Dollar US chaque année, avec un impact encore plus important sur l'économie et la commerce sur internet.

 

Plusieurs Etats africains sortant d'un conflit sont encore inondés d'armes à feu. Les conflits créent un sol fertile pour la criminalité organisée, puisque les insurgés et les terroristes trouvent souvent leurs financements dans les activités criminelles. Quand les groupes criminels échangent des armes contre des ressources naturelles ou que des fonctionnaires corrompus facilitent la traite des personnes, le résultat est souvent une aggravation de la misère humaine et de l'instabilité.

 

La criminalité est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté, de l'insécurité et du sous-développement ; elle fait fuir les investisseurs, ruine le capital humain et sape la démocratie. Les stratégies de prévention du crime devraient pour cette raison faire partie intégrante des politiques de développement internationales.

 

Soulignant le besoin de réponses régionales robustes pour stopper l'activité illicite, M. Fedotov appelle tous les Etats à adhérer à la Convention, qui constitue la base mondiale de l'extradition et de l'assistance judiciaire mutuelle, et à la mettre en œuvre plus vigoureusement. La Convention est un instrument puissant mais son utilisation demeure insuffisante, ajoute-t-il. Malgré le fait que 157 Etats aient ratifié ce texte M. Fedotov remarque qu'il existe un besoin, parmi les Etats membres, de savoir comment faire un usage plus efficace de la Convention et réaliser son potentiel de coopération.

 

M. Fedotov insiste, nous avons besoin d'une réponse totale et systémique qui renforcerait la résistance à la criminalité organisée à l'origine, le long des voies du trafic et au point de destination des biens illicites. Les Nations Unies doivent intégrer des stratégies de lutte contre la criminalité organisée dans ses activités de maintien de la paix, de sécurité, de développement et de désarmement.

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