La Commission des stupéfiants s'ouvre à Vienne et appelle à une coopération renforcée dans la lutte contre la drogue

Photo: UNODC12 mars 2012 ­- Renforcer les réseaux régionaux est primordial pour faire face à la menace des drogues illicites, a déclaré Yury Fedotov, Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), lors de l'ouverture de la 55ème session de la Commission des stupéfiants, réunie à Vienne du 12 au 16 mars. « Nous sommes confrontés à une menace transnationale aux proportions extraordinaires, représentant 320 milliards de dollars, soit environ 0,5 % du PIB mondial », a souligné M. Fedotov.

Des ministres et des hauts fonctionnaires de la lutte contre la drogue des 53 Etats membres de la Commission se pencheront sur diverses problématiques, notamment la disponibilité de stupéfiants et de substances psychotropes à des fins médicales et scientifiques, ou encore la prévention du détournement de produits chimiques pour la fabrication de drogues illicites. La Commission est le principal organe décisionnaire des Nations unies en charge des drogues illicites.

Le Président de la République de Bolivie, Evo Morales, a expliqué que son gouvernement combattait activement le trafic de cocaïne et en avait détruit plusieurs tonnes. Il a affirmé que son pays nécessitait davantage d'assistance internationale pour lutter contre ce fléau, notamment par le biais de matériel et de technologies. Cependant, la Bolivie s'est retirée de la Convention unique des Nations unies sur les stupéfiants de 1961 dans le but de « corriger l'erreur historique » concernant la consommation de la feuille de coca par les peuples indigènes. Il a indiqué que la Bolivie réintègrerait la Convention dans le cas d'une réserve autorisant la consommation traditionnelle des feuilles de coca.

Le Directeur exécutif de l'ONUDC a appelé les Etats à intensifier leurs stratégies sanitaires dans le cadre d'une réponse globale à la demande, à l'approvisionnement et au trafic de drogues. « A ce jour, nous concentrons nos efforts davantage sur l'offre que sur la demande. Nous devons rétablir un équilibre. La prévention, le traitement, la réadaptation, la réinsertion et la santé doivent être reconnus comme des éléments clé de notre stratégie », a-t-il déclaré. « Dans l'ensemble, le travail que nous fournissons sur les traitements doit être considéré comme inhérent au travail clinique standard pour soigner toute autre maladie dans le cadre du système de santé. »

L'année 2012 marque le centenaire de la signature de la Convention internationale de l'opium de 1912, premier traité international de contrôle des drogues. Le Directeur exécutif a ainsi souligné l'importance des progrès réalisés au cours des cent dernières années, en rappelant néanmoins que le chemin à parcourir reste long. Il a mis l'accent sur l'importance des droits de l'homme : « Notre engagement est fondé sur les Conventions relatives aux drogues. Elles s'inscrivent dans la continuité des droits de l'homme et de l'Etat de droit, qui découlent directement de la Déclaration universelle des droits de l'homme et des normes internationales. Elles doivent régir nos interventions pratiques. »

M. Fedotov a mis en exergue les initiatives régionales menées par l'ONUDC dans le cadre de la responsabilité partagée entre les nations consommatrices et productrices de drogues, pour freiner l'insécurité. L'ONUDC a récemment inauguré un programme régional pour l'Afghanistan et les pays voisins afin de constituer une coalition internationale pour combattre le trafic et la production d'opiacés ainsi que la culture du pavot. Les réseaux tels que l'initiative triangulaire entre l'Afghanistan, l'Iran et le Pakistan ou le Centre régional d'information et de coordination d'Asie centrale sont actuellement renforcés. L'ONUDC lancera prochainement un nouveau programme régional pour l'Europe du Sud-est, qui mettra l'accent sur la « route des Balkans » de l'héroïne.

M. Fedotov a également souligné la nécessité d'intensifier l'assistance à l'Amérique centrale : « Les pays d'Amérique centrale, en particulier le « Triangle du Nord », sont confrontés à des défis majeurs. Les Etats demandent une présence forte de l'ONUDC dans la région. C'est pourquoi nous avons créé un centre régional de l'ONUDC au Mexique, en Amérique centrale et aux Caraïbes, afin d'être en lien avec notre bureau réaffecté au Mexique ainsi qu'avec d'autres pays dans la région. »

Bien que ces initiatives soient importantes, la solution n'est pas de lutter uniquement contre l'approvisionnement, explique le Directeur exécutif. « Je tiens à réaffirmer qu'il est impossible de réduire l'offre de drogues sans en freiner la demande », a-t-il conclu.

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