L'ONUDC et la CITES demandent à la communauté internationale de reconnaître la gravité des infractions liées à la faune et la flore sauvages

Photo: (c) UNESCO / Pierre Gaillard24 avril 2013 - Hier, dans le cadre de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale qui se tient actuellement à Vienne, les responsables de deux agences des Nations Unies ont appelé les pays à reconnaître la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts comme une forme grave de criminalité organisée et à renforcer les sanctions contre les associations et réseaux criminels qui tirent profit de ce commerce illégal.

Lors d'un des événements organisés en marge de la Commission et dédié à ce problème global, Yury Fedotov, Directeur exécutif de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), et John E. Scanlon, Secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), ont exhorté la communauté internationale à renforcer sa réponse contre cette activité criminelle, en particulier dans les domaines législatif, de l'application de la loi, de l'analyse criminelle et de la coopération internationale.

Cet appel intervient alors que les chiffres continuent de montrer l'impact croissant de ce marché, qui génère plusieurs milliards de dollars chaque année, et son influence dévastatrice sur la biodiversité de la planète. Selon le dernier rapport de l'ONUDC sur la criminalité transnationale organisée en Asie de l'Est et dans le Pacifique, publié la semaine dernière, la valeur totale du commerce illégal d'espèces sauvages dans cette région est estimée à quelques 2,5 milliards de dollars, tandis que le commerce illégal de produits à base de bois rapporterait 17 milliards de dollars. Rapporté aux 90 milliards de dollars que brasse la totalité des marchés illicites de la région, ces crimes représentent donc une somme assez considérable, comparable à la traite des personnes, à la drogue et aux produits de contrefaçon.

« Bien souvent, les lois et les sanctions inadaptées, un système judiciaire accusant des faiblesses et le manque de coordination entre les autorités compétentes sont exploités par les réseaux criminels. Dans la course contre l'extinction d'espèces sauvages et de domaines forestiers vitaux, nous devons nous concentrer sur le renforcement des capacités pour lutter efficacement contre cette menace mondiale » a déclaré M. Fedotov.

M. Scanlon a surenchéri à ce sujet : « afin de lutter sérieusement contre ces crimes, toute la « chaîne de régulation » doit travailler ensemble pour garantir que les saisies mènent à des enquêtes, des poursuites judiciaires et des condamnations. Pour cela, il faut les traiter comme des crimes sérieux, faire un meilleur usage des méthodes de la médecine légale et utiliser les techniques employées pour lutter contre le commerce de stupéfiants. Des actions de répression plus agressives, visant en particulier le haut de la chaîne criminelle - ou les chevilles ouvrières de celle-ci - sont nécessaires ».

« Nous travaillons en collaboration avec les pays d'origine, de transit et de destination, et avec les organismes clés tels que l'ONUDC et d'autres partenaires de l'ICCWC, afin de répondre de manière proportionnée à cette menace sérieuse pour la faune et la flore sauvages et la société » a-t-il poursuivi.

Outre la destruction de la biodiversité que cause la criminalité liée aux espèces sauvages et au patrimoine forestier, elle permet d'alimenter en même temps d'autres crimes comme le blanchiment d'argent, le financement d'acteurs non étatiques, le meurtre et la violence extrême.

M. Fedotov et M. Scanlon ont tous deux appelé à une plus large ratification et à une meilleure mise en œuvre des deux conventions principales qui fournissent des réponses coordonnées et mondiales à ces crimes, à savoir : la CITES et la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. M. Fedotov a également souligné l'importance de rendre ces crimes punissables d'une peine d'emprisonnement de quatre ans ou plus dans les législations nationales - une avancée qui permettrait que la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée puisse être utilisée pour lutter contre les criminels dans ce domaine.

Au niveau opérationnel, l'ONUDC et la CITES, ainsi qu'INTERPOL, l'Organisation Mondiale des douanes et la Banque Mondiale font partie du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) -un partenariat de travail qui vise à apporter un soutien coordonné aux gouvernements, aux organismes nationaux de régulation de la vie sauvage et des forêts et des réseaux sous-régionaux afin de protéger les ressources naturelles de la planète d'une exploitation criminelle.

Un autre aspect essentiel de la criminalité liée aux espèces sauvages et aux secteurs forestiers est la nécessité de s'attaquer à la corruption. Les actions anti-corruption de l'ONUDC sont entreprises sous l'égide de la Convention des Nations Unies contre la corruption. La ratification et la pleine mise en œuvre de cette Convention rend possible la prise de mesures de prévention, la criminalisation de diverses formes de corruption, ainsi que le recouvrement d'avoirs et d'actifs. Le rapport de l'ONUDC, « La corruption, l'environnement et la Convention des Nations Unies contre la corruption » (version anglaise), rend compte de l'impact de la corruption dans ce domaine et souligne la nécessité d'incorporer des stratégies anti-corruption aux législations et politiques environnementales.

Informations complémentaires:

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES)

« La corruption, l'environnement et la Convention des Nations Unies contre la corruption » (v ersion anglaise)

Draft Resolutions and Decisions

Programme of Side Events

Twenty-second Session of the Commission on Crime Prevention and Criminal Justice

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