Transparency International contre la corruption

Transparency International logo9 avril 2008 - À l'occasion de la récente conférence internationale contre la corruption à Bali, Transparency International (TI) a qualifié de retard retentissant l'échec de la communauté internationale à s'entendre sur une évaluation indépendante des progrès accomplis par les pays dans la mise en œuvre des dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption. En vigueur depuis 2005, cette Convention est le premier et l'unique instrument mondial anticorruption qui soit juridiquement contraignant.

Selon la Présidente de TI, la Canadienne Huguette Labelle, sans un rigoureux programme de suivi, la Convention ne pourra pas jouer un rôle efficace dans la lutte mondiale contre la corruption. Elle souligne que, face à la pressante nécessité d'agir et aux effets pervers de la corruption sur les plus démunis de la planète, les dirigeants du monde ne peuvent pas se permettre de croiser les bras.

Certes, à ses yeux, les résultats sont loin d'être ceux qu'espéraient les groupes de la société civile. Toutefois, il faudrait selon elle que d'ici deux ans tous les États parties à la Convention aient approuvé un programme de suivi et de contrôle qui soit "solide, transparent, ouvert à la participation de la société civile et que tout soit en place." Sinon, il n'y a pas de garantie que les pays puissent remplir à temps ou efficacement leurs obligations par rapport à la Convention. Or, cette dernière restera lettre morte, estime-t-elle. 

"Il faudra aussi que les pays donateurs et les institutions internationales investissent des sommes suffisantes pour aider les pays qui ont des besoins techniques." En outre, déclare Mme Labelle "j'espère que les pays pourront progresser avec toute la question du blanchiment d'argent et des articles de loi qui touchent le recouvrement de fonds volés aux peuples de plusieurs pays." Elle a insisté sur le recouvrement des avoirs, un point clef pour beaucoup de pays en voie de développement contraints de subir des régimes kleptocrates. "J'espère que les pays trouveront des terrains d'entente pour mettre ces principes en pratique." 

À la question 'n'est il pourtant pas vrai que certains pays manquent les moyens d'accéder à 1a Convention?', elle répond que ce sont justement ces pays-là qui en ont le plus grand besoin parce qu'elle leur permet "de faire le ménage nécessaire auprès de leurs populations et auprès de leurs instances législatives, gouvernementales et judiciaires." D'autre part, elle leur donne le pouvoir de recouvrir les avoirs volés par les dictateurs et de les ramener chez eux afin que cela puisse servir au développement de leurs pays. "Ils ont tout à gagner," soutient Huguette Labelle.

"On n'éliminera pas les paradis fiscaux tant qu'on n'aura pas des régimes, dans les pays en voie de développement et dans les centres financiers, qui soient disposés à coopérer plus rapidement et mieux lorsqu'il y a une enquête légitime visant à recouvrir des avoirs. Dans les cas concernés, les pays les plus démunis ne peuvent pas se permettre de travailler pendant des années à des coûts très élevés pour essayer d'aller récupérer ces fonds," estime-t-elle. 

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