COMMUNIQUE DE PRESSE

La culture du pavot à opium en Asie du Sud-Est fait un bond de 20% en un an, selon UNODC

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Bangkok/Vienne - 13 décembre 2010 - L'offices des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) publia son Rapport 2010 sur la culture du pavot en Asie du Sud-Est aujourd'hui, indiquant une montée de la culture de l'opium dans la région depuis l'an dernier. Ce Rapport rassemble les rapports sur l'opium de UNODC du Laos RPD et de Myanmar ainsi que des informations sur la culture du pavot en Thaïlande issues du Bureau de contrôle des stupéfiants de ce pays, et montre une augmentation de la culture du pavot dans ces trois pays. Il souligne aussi que le prix de l'opium demeure très élevé. Pour la période étudiée, la valeur potentielle de la production d'opium en Asie du Sud-Est monta considérablement, jusqu'à atteindre 219 millions de dollars US - une augmentation de 100 millions de dollars US en comparaison avec les estimations de 2009, et un saut monétaire de 82%.

Concernant la culture elle-même, une hausse de 22% a été observée entre 2009 et 2010 pour l'ensemble de la région. Le Myanmar a connu la plus forte augmentation réelle avec une culture plus importante de 6.400 hectares (ha), soit 20%, atteignant ainsi 38.100 ha en 2010. Dans le cas du Laos RPD, l'augmentation fut la plus remarquable en termes de pourcentage - 58% - passant de 1.900 ha à 3.000 ha. La culture de pavot de la Thaïlande a vu une hausse marginale, de 211 ha à 289 ha.

La Rapport montre que tandis que la culture du pavot à opium en Asie du Sud-Est demeure bien en dessous des chiffres du milieu des années 1990 - période durant laquelle elle stagnait autour de 160.000 ha - elle n'a cessé d'augmenter ces quatre dernières années, depuis le point bas de 2006.

En lançant le Rapport, le Directeur exécutif de UNODC Yury Fedotov nota: "Alors même que les gouvernements ont renforcé leurs efforts d'éradication, la production potentielle d'opium de 2010 a connu une hausse estimée approximativement à 75% comparée à 2009." Les zones cultivées ont augmenté dans les trois pays, mais le rendement a été plus important au Myanmar, ainsi la hausse de la production dans ce pays a été la plus significative, passant de 330 tonnes (mt) à 580 tonnes, tandis que la production du Laos RPD s'est élevé de 7 tonnes à 18 tonnes en 2010 et que la Thaïlande a connu une augmentation de 36%, de 3 à 5 tonnes.

Pour ce qui est de l'éradication, 9.135 ha de champs de pavot furent détruits dans la région en 2010, une augmentation de 85% comparée aux 4.939 ha de l'année précédente. Au niveau national, le Myanmar éradiqua près de 8.268 ha, une hausse de 102% par rapport à 2009. Les efforts d'éradication du Laos ont connu une légère baisse, passant de 651 ha à 579 ha, alors que la Thaïlande réussit à supprimer 278 ha, une augmentation par rapport aux 201 ha de 2009.

Parlant des causes de ces augmentations, M. Fedotov déclara: "La pauvreté et l'instabilité sont deux facteurs qui poussent les paysans à cultiver - ou parfois à recommencer à cultiver - des substances illicites." Malheureusement, alors même que des progrès ont été faits dans la réduction des champs de pavot depuis la dernière décennie, la crise économique mondiale semble avoir exacerbé la situation des communautés pauvres et poussé nombre de paysans vers le marché de la drogue. Le prix croissant de l'opium dans ces dernières années a également été un facteur important de l'attractivité de la culture du pavot à opium.

 

 

Pour plus d'informations, veuillez contacter:

A Bangkok: Emmanuelle Kunigk, UNODC

Email: emmanuelle.kunigk@unodc.org | Tel: (+66) 2-288-2091

A Vienne: Kevin Town, UNODC

Email: kevin.town@unodc.org | Tel: (+43-699) 1459-7250

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