Communiqué de presse

Le système d'alerte précoce de l'ONUDC enregistre une augmentation rapide des euphorisants légaux en 2013

Le 9 septembre 2013 - Constatant une forte augmentation du nombre de nouvelles substances psycho actives (NSP), les experts internationaux se sont réunis la semaine dernière pour tenter de contenir cette expansion. Durant les 12 derniers mois, le nombre de NSP enregistré par l'ONUDC a connu une augmentation de 41%  passant de 251 à 354. Le nombre de pays ayant constaté l'existence de ces substances est passé de 70 à 90.

Commercialisés sous l'appellation « euphorisants légaux » et en vente libre, disponibles sur Internet, les NSP contournent le contrôle international. Les criminels se sont engouffrés dans la brèche de ce marché véritablement lucratif. Echappant à toute régulation, ces substances s'avèrent aussi si ce n'est plus dangereuses que les drogues traditionnelles dont on connait les principes actifs et les méfaits.

Le Directeur exécutif de l'ONUDC Yury Fedotov a insisté sur la nécessité d'agir rapidement pour contrecarrer cette tendance : « Les effets néfastes de ces NSP sont méconnus, ils constituent une menace pour la santé publique. Une action concertée doit être mise en œuvre de toute urgence par la communauté internationale afin d'empêcher la fabrication, le trafic et la consommation de ces drogues. L'ONUDC doit jouer un rôle central pour relever ce défi en mettant en place un système d'alerte sur ces NSP, premier point de référence internationale sur la question.» 

La réunion a rassemblé quelques-unes des principales organisations internationales mobilisées pour lutter contre cette menace dont l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), l'Organisation mondiale des douanes (OMD), l'Organisation internationale de la police criminelle (INTERPOL), l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) mais aussi des experts venant de 22 pays.

A l'occasion du rassemblement à Vienne en Autriche, les experts ont admis que même si  les conventions internationales contre la drogue en vigueur ont tous les instruments nécessaires pour conduire une action efficace contre les NSP, leur contrôle demeure un impérieux défi à relever. Recommandant l'inscription à l'ordre du jour de cette question dans le cadre desdites conventions, l'Organisation mondiale de la santé s'est engagée à donner la priorité à l'évaluation de ces substances et de coordonner son examen avec la Commission des stupéfiants afin de proposer une réponse plus rapide et plus efficace.

L'ONUDC a lancé en juin 2013 un système d'alerte sur les NSP offrant des informations actualisées et des techniques d'évaluation vérifiées comme par exemple des analyses des composants chimiques et des effets néfastes. Il compile également les différentes mesures législatives mise en œuvre jusqu'à présent afin de relever ce défi à un niveau national mais présente aussi des études toxicologiques sur la consommation et le traitement.

Durant ce même mois de juin 2013, le Rapport mondial sur les drogues a souligné que même si la consommation de drogues traditionnelles telles que l'héroïne ou la cocaïne a enregistré une baisse dans certaines parties du monde, l'abus de médicaments d'ordonnances et de NSP est en augmentation. Pour la première fois, le nombre de NSP (251 au milieu de l'année 2012) a dépassé le nombre total de substances faisant l'objet d'un contrôle international (234), situation posant un défi inattendu aux états membres mobilisés pour lutter contre le problème mondial de la drogue.

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Luciana Viegas, Chargée de l'information publique

T: +43-1-26060-4709 | E: luciana.viegas{at}unodc.org

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