L'ONUDC et les municipalités sénégalaises ensemble contre l'exploitation des enfants

Cette activité a été financée par les Etats Unis

Le Sénégal est un pays d'origine, de transit et de destination des enfants victimes de la mendicité forcée et de la traite des personnes. Plus particulièrement, des dizaines de milliers d'enfants communément appelés talibés sont forcés à mendier à travers le Sénégal, comme faisant partie de leurs études islamiques au sein des écoles (appelées daaras) administrées par des maîtres coraniques. Beaucoup de ces enfants sont souvent déplacés entre le Sénégal et les pays voisins tels que la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Mauritanie et le Mali. Le problème du Sénégal est donc régional et alimente la traite des personnes en Afrique de l'Ouest.

L'ONUDC a organisé, en partenariat avec des organisations de la société civile, une grande marche populaire le 03 mars 2016 en commémoration du décès des 9 talibés à la Médina le 03 mars 2013. Plus d'un millier de personnes y ont pris part et ont marché dans les rues de la Medina pour dire « NON » à l'exploitation des enfants par la mendicité.  L'occasion fut également saisie pour distribuer plus de 1.000 autocollants aux automobilistes et les inciter à prendre part au plaidoyer pour l'éradication de la mendicité forcée des enfants au Sénégal.

Des participants de la marche dans les rues de la Médina à Dakar, au Sénégal

L'apogée de cet événement a eu lieu lorsque le maire M. Bamba Fall a fait la lecture de l'arrêté municipal interdisant la mendicité des enfants sur tout le territoire communal de la Médina. « Il est interdit, dans le périmètre communal de la Medina, la mendicité, la maltraitance et l'exploitation des enfants » a-t-il déclaré devant le parvis de la Mairie et en face des marcheurs et de la presse nationale et internationale.

Une récente étude menée par la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes en 2013 a révélé qu'il existe plus de 50.000 talibés exclusivement dans la région de Dakar. Les détails de l'étude révèlent que 30.000 parmi ce nombre sont forcés de mendier pour le compte d'adultes et versent des montants quotidiens allant de 300 Frs à 500 Frs par jour.

Les enfants talibés au Sénégal se trouvent confrontés à des problèmes d'abus et d'exploitation en dépit d'une loi de 2005 interdisant la mendicité forcée ainsi que la traite et des dispositions dans le code pénal criminalisant toute violence physique et négligence délibérée à l'égard des enfants.

Les membres du groupe musical "Xalam" font part de leur support

Cette initiative est le fruit de l'assistance technique fournie par l'ONUDC aux communes de la Médina et Gueule Tapée Fass Colobane depuis 2014 grâce au financement de l'USAID/Sénégal.Cette activité s'inscrit dans le cadre du plaidoyer initié par l'UNODC en partenariat avec les communes de Dakar pour l'éradication de la mendicité forcée des enfants, et s'est déroulée en partenariat avec Save The Children, la Plateforme pour la Promotion et la Protection des Droits Humains, et les communes de la Médina et de la Gueule Tapée FassColobane.

Pour de plus amples informations :

Stratégie régionale de l'ONUDC contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants en Afrique de l'Ouest et du Centre

Qu'est ce que la traite des personnes ?

Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel

Contribution de l'ONUDC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel