Le Représentant régional de l'ONUDC participe au 1er Sommet de l'UA sur la sécurité maritime

La sécurité et la sureté maritime en Afrique constituent un réel problème compte tenu de la recrudescence des crimes maritimes dans les eaux du continent. C'est ainsi que l'Union Africaine en partenariat avec l'ONUDC a tenu au Togo du 10 au 15 Octobre 2016 son premier Sommet Extraordinaire sur la Sécurité et la Sureté Maritime et le Développement en Afrique. La mer constituant un important levier de développement, ce sommet a été un cadre privilégié pour aborder plusieurs questions relatives à l'insécurité maritime, aux trafics illicites en tout genre transitant à la mer.

CINQ JOURS D' ÉVÈNEMENTS PARALLÈLES

Responsable du Programme de Lutte contre la Criminalité Maritime au Bureau Régional de l'UNODC à Dakar, M. Giuseppe Emiliano Francesco Sernia a fait une intervention durant ce Sommet l'après-midi du mardi 12 octobre 2016, jour où devait être faite une analyse de «  la lutte contre la piraterie maritime et autres trafics ». En qualité d'animateur de la session, il a abordé le phénomène des « Trafics illicites par voie maritime ».

 
                                                          Photo de tous les participants du Sommet   

M. Pierre LAPAQUE, Représentant du Bureau régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre a été le modérateur de la session du vendredi matin intitulée «  Gouvernance maritime et échanges en matière judiciaire et de police ». Cela lui a permis de tenir un discours au cours duquel M. Lapaque a salué le progrès de certains pays Africains dans les réformes juridiques en matière de lutte contre la criminalité maritime. C'est ainsi que prenant l'exemple des Seychelles, il a affirmé : «  Le travail accompli dans certaines régions ou même certains pays peut et devrait être un exemple pour d'autres, si celui-ci a fait ses preuves. Aux Seychelles, par exemple, la volonté étatique, supportée par l'Union européenne et l'ONUDC, a permis la création d'un Centre de poursuites pénales de la piraterie maritime, qui est exemplaire, et qui pourrait servir de paradigme, non seulement en Afrique, mais dans le monde entier. Bien qu'il n'existe pas que la piraterie dans la liste des crimes maritimes, la manière de faire face à ce crime fut certainement l'occasion d'expérimenter des solutions juridiques au niveau national et interétatique ».

M. Lapaque a aussi abordé la problématique de la compétence universelle en ces mots : « La compétence universelle n'est aujourd'hui pas prévue par la majorité des États africains. Toutefois, certains d'entre eux, comme les Seychelles et plus récemment le Togo, ont eu la volonté de chercher à adapter leur système juridique interne aux normes et standards du droit international maritime. Il existe également une compétence dite semi-universelle que l'on peut appliquer à certains crimes comme le terrorisme maritime, les crimes qui y sont liés comme le trafic d'armes ou bien encore plus généralement le trafic de drogues et le trafic de migrants. »

SIGNATURE ET ADOPTION DE LA CHARTE DE LOME 

 
M. Pierre LAPAQUE, Modérateur de la session du vendredi 14 octobre

Ce 1 er Sommet Extraordinaire de l'Union Africaine a débouché sur la signature et l'adoption de la charte de Lomé, en présence de plusieurs chefs d'Etats Africains. C'est un document comportant 56 articles répartis en 7 chapitres qui a été présenté par l'Union Africaine aux participants et représentants des différents Etats membres de l'organisation. Il traite des mesures de prévention et de lutte contre la criminalité en mer ainsi que de la responsabilité des Etats parties.

La sécurité et la sureté maritime en Afrique sont une priorité pour l'ONUDC qui a élaboré un cadre stratégique pour l'amélioration des capacités régionales de lutte contre la piraterie et vols à main armée contre les navires . Le GMCP de l'ONUDC a formé plus de 150 procureurs et juges depuis un an et demi, a tenu 6 réunions de coordination internationales, a intégré deux mentors au Ghana et à Sao Tomé-et-Principe, ce qui a entraîné une augmentation des opérations en mer. Le GMCP a également appuyé le Togo dans la mise en œuvre de sa réforme législative et a fourni au Nigeria, au Gabon, au Bénin, un soutien en matière de réforme juridique, alors que le même soutien est actuellement fourni en Sao Tomé et Principe, en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Cameroun

M. Francesco Giuseppe Emiliano Sernia (à droite) animant une session lors du Sommet

Pour plus d'information:

L'ONUDC et la criminalité maritime en Afrique de l'Ouest

Code de Yaoundé 2013

Rapport Annuel 2014 du Programme de lutte contre la piraterie

Convention des Nations Unies sur le droit de la mer