Le Projet CEDEAO soutient la mise en place d'un système d'information sur la consommation des drogues en Afrique de l'Ouest

Cette activité a été financée par l'Union Européenne

Dakar, 29 sept.-2016- La consommation de stupéfiants constitue un risque majeur pour la santé publique en Afrique de l'Ouest. L'étude de la situation existante dans la région révèle d'énormes besoins en matière de prévention de l'usage de drogues, de soutien et de traitement des usagers. Dans la plupart des Etats membres de la CEDEAO, les systèmes de soins ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour répondre convenablement à la demande de traitement, notamment dans les dispositifs de prise en charge et de réhabilitation des usagers de stupéfiants. En outre la rareté voire l'absence de données fiables constitue un handicap de taille dans la formulation de politiques de prévention et de réduction de la demande de drogues.

La Déclaration politique de la CEDEAO sur le trafic de drogues et le crime organisé en Afrique de l'Ouest et le Plan régional de la CEDEAO qui en est issu mentionne la nécessité de disposer de données valides et fiables pour évaluer l'ampleur des problèmes de trafic et de l'abus des drogues qui affectent la région. Le Réseau d'épidémiologie ouest-africaine sur la consommation des drogues ( Wendu en anglais) a été mis en place à cet effet.

Pour trouver une solution à cette lacune touchant les données épidémiologiques sur la demande et la consommation de drogues, l'ONUDC a organisé du 26-29 septembre à Dakar, un « Atelier régional sur la collecte et l'analyse des données sur l'utilisation des drogues et l'estimation du nombre des usagers de drogues parmi la population générale ».

 
Participants à l'Atelier régional pour les experts ouest-africains du Réseau WENDU, Dakar, Senegal ©UNODC/2016

 Cet atelier entre dans le cadre du Programme d'appui au « Plan d'Action Régional de la CEDEAO en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, la criminalité organisée et l'abus des drogues qui y sont liés », financé par l'Union européenne, et exécuté par l'ONUDC en collaboration avec la CEDEAO.  Un des points de ce plan (axe 5) préconise la mise en place de mécanismes de collecte de données fiables pour une évaluation continue de l'ampleur du problème du trafic et de l'abus de drogues affectant la région.

 L'objectif visé par cette formation était de donner les outils pour l'évaluation de l'importance des sources d'information existantes et la qualité des données épidémiologiques sur l'usage de drogues, il s'agissait aussi de mieux comprendre les méthodes et outils appropriés pour la collecte des données sur la consommation de drogues et pouvoir proposer une estimation de la taille des usagers de drogues.

Selon Pierre Lapaque, représentant régional de l'ONUDC, « Disposer de données épidémiologiques fiables, c'est aussi mettre en lumière les conséquences sanitaires d'un trafic de drogues aux mains des réseaux criminels. Grâce à des méthodes de collectes fiables, objectives et comparables ces données probantes générées permettent aussi d'affiner nos méthodes de travail et nos interventions grâce à une information traitée par des spécialistes. » 

Monsieur Antoine Gouzée, Coordonnateur régional au Bureau de l'Union européenne à Dakar, a souligné l'importance des données fiables pour appréhender le phénomène de la drogue en rapport avec la demande.   

Pour le représentant du ministère de la Santé et de l'Action sociale du Sénégal, « cet atelier aura permis d'améliorer la collecte et l'analyse des données épidémiologiques parce qu'ayant débouché sur des méthodes harmonisées validées par les experts ».

Atelier régional de formation du Réseau WENDU à Dakar, Senegal © UNODC/2016

Une quarantaine de spécialistes et experts des pays de la CEDEAO et de la Mauritanie ont échangé pendant quatre jours sur les méthodologies les plus adaptées au contexte de nos pays pour la collecte de données. Kamran Niaz expert de l'ONUDC (Section recherche et analyse, Vienne), Pernell Clarke, chercheur de l'OAS, l'Observatoire inter-américain sur les drogues ( Inter-American Observatory on Drugs, en anglais) et Nadine Catherine, de la SACENDU, le Réseau épidémiologique d'Afrique australe ( South African Community Epidemiology Network on Drug Use, en anglais), ont partagé une riche expérience et des leçons apprises avec les experts ouest-africains.

Des modules ciblés ont permis une interaction des différents experts sur : la surveillance de la consommation de drogues, les observatoires des drogues et réseaux épidémiologiques, le partage d'expériences sur les réseaux épidémiologiques, les enquêtes nationales sur l'usage des drogues, l'estimation de la prévalence et l'étendue de l'usage des drogues, la mise en œuvre des enquêtes sur l'usage des drogues, l'élaboration de rapports nationaux sur les drogues...

De l'avis des participants eux-mêmes, la rencontre de Dakar est une étape décisive vers des systèmes harmonisés de gestion des données sur les drogues en Afrique de l'Ouest.

L'ONUDC fournit une assistance technique aux États d'Afrique de l'Ouest depuis 20 ans, par le biais de son Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre (ROSEN) basé à Dakar, au Sénégal et de 10 autres bureaux locaux basés dans différents pays de la région. En tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CTO) et de ses Protocoles, ainsi que des trois Conventions sur le contrôle international des drogues, l'ONUDC a pour mandat d'aider les États membres à renforcer leurs réponses nationales en la matière, en conformité avec leurs obligations internationales.

Pour plus d'information:

L'action de l'ONUDC contre le trafic de drogue en Afrique de l'Ouest

Projet de soutien au Plan d'action régional de la CEDEAO contre le trafic illicite de drogue en Afrique de l'Ouest