Des efforts vers une meilleure coordination dans la lutte contre le crime maritime

 
Les Etats-Unis ont financé cette activité

Durant les dernières années, le Golfe de Guinée est devenu l'épicentre du crime maritime en Afrique. L'une des causes de ce fléau est le manque de coopération entre les Etats alors que le crime maritime est une menace directe pour les économies des pays. Pourtant, les efforts dans la région sont de plus en plus effectifs pour appréhender ce phénomène et la signature de la Charte de Lomé au Togo lors du Sommet de l'Union africaine sur la sécurité maritime et le développement en Afrique le 15 octobre 2016 est un pas en avant majeur vers une meilleure coopération régionale.

C'est dans ce droit fil que du 6 au 9 juin 2017, la capitale gabonaise a accueilli un atelier régional au sujet de la piraterie et de la criminalité maritime. Au cours de cet atelier, juges, procureurs et magistrats du Cameroun, de la Côte d'Ivoire et du Gabon étaient réunis. Cet exercice, organisé dans le cadre du  Programme mondial de lutte contre la criminalité maritime de l'ONUDC, a permis à ces 30 praticiens d'accéder à une formation portant principalement sur l'action de l'Etat en mer et sur les réglementations pénales adéquates.

Lors de ces échanges, les participants ont pu apprendre et mettre en pratique leurs connaissances à travers plusieurs activités de groupe. Les connaissances acquises par les participants, ont été sanctionnées par un exercice final prenant la forme d'un procès fictif, nécessitant la mobilisation de l'ensemble des notions étudiées durant les différents ateliers organisés. Cette rencontre a également favorisé l'échange et le partage d'informations entre des cadres de l'administration issus des trois pays et ainsi encouragé la coopération régionale indispensable pour s'attaquer au phénomène du crime maritime.

Le groupe de participants pendant l'atelier à Libreville

Il s'agit du  troisième événement de ce type organisé par l'ONUDC en Afrique de l'Ouest. Le premier a eu lieu en décembre 2016, à Abidjan. Le deuxième, a été organisé à Yaoundé du 27 février au 3 mars 2017. Une dernière rencontre à Accra, qui sera organisée en septembre 2017, fera office de session de clôture. À l'issue de ces rencontres, l'ONUDC aura pris part à la formation de près de 250 personnes aux usages et aux règles pénales à adopter en matière maritime.

En parallèle de ces formations, le programme global de lutte contre la piraterie et la criminalité maritime en Afrique de l'Ouest, a inclus l'organisation de nombreuses réunions de coordination entre 8 Etats de la région (Bénin, Cameroun, Côte d'Ivoire, Ghana, Gabon, Nigéria, Sao Tome et Principe, Togo). Ces réunions régionales répondent à un double objectif : informer les participants à ces formations au sujet des carcans légaux gangrénant les systèmes législatifs respectifs des pays, mais aussi de créer et renforcer la coopération judiciaire entre les pays du Golfe de Guinée afin de structurer la lutte contre la criminalité maritime, grâce à une approche concertée.

Enfin, de nombreux experts internationaux de l'ONUDC ont apporté leur soutien à ce projet de lutte contre la criminalité maritime. Effectivement, ces derniers ont intégré des institutions jouant un rôle crucial dans l'éradication de ce fléau. C'est le cas au Ghana, au Libéria, au Nigéria, à Sao Tomé et Principe et en Sierra Leone. Les experts ont pour rôle d'aider les gouvernements à comprendre et appliquer les règles du droit pénal en mer. Ils sont également chargés de soutenir la dimension opérationnelle de ce projet.

Débuté en 2015, le Programme mondial de lutte contre la criminalité maritime de l'ONUDC aide les gouvernements des Etats à adapter les outils et leurs législations aux évolutions de la criminalité maritime qui sévit dans les eaux du Golfe de Guinée.

Pour de plus amples informations :

L'ONUDC et la criminalité maritime en Afrique de l'Ouest

Code de Yaoundé 2013

Convention des Nations Unies sur le droit de la mer

Signature de la Charte de Lomé en octobre 2016 lors du Sommet africain