Les Présidents des Hautes Cours en Afrique francophone ajoutent leurs voix à la lutte mondiale contre la corruption dans le système judiciaire

Conférences soutenues par le Qatar

Ouagadougou, le 3 octobre 2017 - Dans le cadre des efforts de lutte contre la corruption par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), une série de conférences régionales d'experts réunissant des hauts représentants du secteur judiciaire et de l'administration judiciaire est en train de se tenir à travers le monde en préparation du lancement du réseau mondial pour l'intégrité judiciaire.

Pour que les voix et les points de vue de l'Afrique soient pris en compte dans le développement du réseau, une réunion préparatoire s'organise du 3 au 4 octobre à Ouagadougou, suite aux événements similaires en Asie (Bangkok), en Europe (Vienne) et en Amérique du Sud (Panama). La conférence rassemble une trentaine de participants de haut niveau, dont huit présidents de cour suprême et de cour de cassation, et d'autres représentants d'institutions judiciaires des quinze pays à travers la région.

En ouvrant l'événement, S.E. Bessolé René Bagaro, Ministre de la justice, des droits humains et de la promotion civique du Burkina Faso, fit remarquer : « La justice constitue un pilier essentiel de l'Etat de droit. Elle est au cœur de la construction de la démocratie et du développement ».

   S.E. Bessolé René Bagaro, Ministre  de la justice, des droits humains et de la promotion civique du Burkina Faso

Ousmane Batoko, Président de la Cour Suprême du Bénin, et Président de l'Association des Hautes Juridictions de Cassation des pays ayant en partage l'usage du français (AHJUCAF), s'est également adressé à la réunion, notant : « L'enjeu est de taille, puisque l'avenir de la démocratie en dépend. La justice porte l'Etat de droit et si elle est gangrenée par la corruption, elle ne serait point à même d'accomplir avec efficacité et efficience sa mission ».

Le réseau mondial pour l'intégrité judiciaire a été conçu pour soutenir les États parties à mettre pleinement en œuvre la Convention des Nations Unies contre la corruption : le seul instrument universel de la lutte contre la corruption juridiquement contraignant. L'article 11 de la Convention met l'accent sur le rôle crucial du système judiciaire dans la lutte contre la corruption et reconnaît que, pour jouer ce rôle avec efficacité, le système judiciaire lui-même doit être exempt de corruption et ses membres doivent agir avec intégrité. En conséquence, la Convention exige que chaque État partie prenne des mesures pour renforcer l'intégrité des magistrats et prévenir les situations dans lesquelles ils seraient susceptibles d'être corrompus.

En soulignant : « La justice doit être perçue comme source d'espoir. Une justice indépendante est clé pour assurer l'intégrité du système judiciaire », Metsi Makhetha, Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies au Burkina Faso, a commenté que : « La question de la justice n'est pas simplement une question de justice, c'est une question de sécurité pour nous tous. Il n'y aura pas de paix et de développement, sans justice ». Le Représentant régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Pierre Lapaque, a également noté : « L'intégrité des acteurs de la justice n'est pas un choix, c'est une obligation ».

  Pierre Lapaque, Représentant Régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre

Conçu en consultation avec les membres des systèmes judiciaires du monde entier, le réseau s'appuiera sur l'expertise et l'expérience des magistrats, des associations nationales et régionales, des fonctionnaires de l'administration judiciaire et d'autres parties prenantes. Une fois lancé, il fournira une plate-forme pour accéder aux ressources pertinentes, aux bonnes pratiques et à d'autres matériels.

La formation du réseau mondial pour l'intégrité judiciaire fait partie du Programme global de la Déclaration de Doha de l'ONUDC, qui a été créé après le 13ème Congrès des Nations Unies pour la Prévention du Crime et la Justice Pénale en 2015. Le programme mondial fournit un soutien et une assistance technique aux États Membres à travers le monde dans des domaines spécifiques afin de promouvoir une culture de la légalité et d'appuyer le respect pour l'Etat de droit, notamment par le renforcement de l'intégrité judiciaire et la prévention de la corruption dans le système judiciaire.

Pour plus d'information:

Communiqué final de l'événement

Programme mondial de la Déclaration de Doha

Réseau mondial pour l'intégrité judiciaire

Les œuvres de la lutte contre la corruption de l'ONUDC