L'ONUDC sensibilise les journalistes aux questions liées à la drogue et la criminalité transnationale organisée

Le trafic illicite de drogue et la criminalité transnationale organisée ont un effet déstabilisateur dans les pays d'Afrique de l'Ouest, et un impact sur le développement, la sécurité et le bien-être des populations, notamment au Mali. Ces activités illicites entravent la croissance économique, réduisent les investissements et les efforts de maintien de la paix, notamment dans la région du Sahel.

Ainsi, pour répondre aux effets dévastateurs du trafic illicite de drogue et de la criminalité transnationale organisée sur le développement humain et la sécurité au Mali, un atelier de quatre jours a été organisé par l'Office Central des Stupéfiants du Mali (OCS) en partenariat avec l'ONUDC. L'atelier de formation des journalistes sur la problématique du trafic illicite de drogue et de la criminalité organisée s'est tenu du 20 au 23 novembre 2017 à Sélingué, au sud de Bamako.

Cet atelier, qui a réuni 53 journalistes (y compris 8 femmes) de médias publics et privés, des directeurs de publication et rédacteurs en chef, mais aussi des organisations professionnelles des médias a été mis en place à la suite du constat d'une « utilisation malsaine des mass media par les bandes criminelles, soit pour endoctriner ou faire l'apologie du crime, soit pour planifier ou même exécuter des activités criminelles », comme souligne M. Adama Tounkara, directeur de l'OCS, lors du discours d'ouverture.

Photo de groupe des participants à Sélingué, Mali

De par leur rôle important dans le cadre de l'information et de la sensibilisation des populations « l'apport des médias bien formés sur les thématiques liées à la criminalité organisée, au trafic illicite et à la consommation de la drogue, à travers des campagnes médiatiques soigneusement organisées, peut peser sur la balance de la prévention ou de la réduction des risques liés à ce fléau » affirme le Coordinateur national par intérim de l'ONUDC au Mali, M. Ganda Traoré.

Ainsi, l'objectif de ces quatre jours de formation était de renforcer la capacité des journalistes à s'engager efficacement dans les campagnes de mobilisation, de plaidoyer, de prévention et de sensibilisation à l'égard du trafic et de la consommation des drogues et du crime organisé. En plus des présentations qui leur ont été proposées, les journalistes ont pu échanger sur leurs expériences, débattre et trouver des réponses à leurs questions tout au long de l'atelier de formation.

Les risques encourus par la consommation de la drogue ont été un point central de cette formation. Pour faire prendre conscience de ces dangers aux journalistes, Souleymane Coulibaly, docteur et intervenant lors de l'atelier, leur a indiqué que 400 000 décès par an sont imputables à la drogue dans le monde. Souvent les jeunes sont exposés à la consommation de drogues par l'influence des mass media, d'où l'importance de la prise de conscience des journalistes de leur rôle à jouer dans la lutte contre le trafic de drogue, mais aussi contre la criminalité transnationale organisée, qui s'appuie elle aussi sur les nouvelles technologies d'information et de communication pour se développer.

A l'issue des diverses interventions proposées, les journalistes présents sont désormais prêts à se spécialiser en matière de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée. Dans cette optique, ils se sont engagés à constituer un réseau des journalistes spécialisés. Ensemble, ils ont rédigé un certain nombre de recommandations à l'intention du gouvernement malien et de ses partenaires sous-régionaux, régionaux et internationaux, ainsi qu'à l'ONUDC et l'OCS. Par exemple, ils ont recommandé l'appui des deux organisations pour la mise en place du réseau de journalistes spécialisés sur la lutte contre la drogue et le crime transnational.

A travers cet atelier de formation des journalistes, l'ONUDC soutient une meilleure visibilité des questions liées à la drogue et la criminalité organisée, pour les populations concernées, à travers une meilleure planification des campagnes médiatiques par les journalistes. Ceci, afin d'accompagner au mieux les efforts dans la lutte des autorités du Sahel contre ces phénomènes déstabilisants.

Pour de plus amples informations:

Programme Sahel de l'ONUDC