L'ONUDC organise une consultation scientifique de haut niveau sur les addictions aux drogues en Afrique de l'Ouest

 Cette activité a été financée par l'Union Européenne

Abidjan, 20 février 2017- Les troubles liés à l'usage de substances psychoactives constituent un défi de santé publique au niveau mondial avec des conséquences négatives sur la paix, la sécurité et le développement jusque dans les pays africains. Cependant dans le but de favoriser un meilleur accès à la santé des personnes souffrant de troubles liés à l'abus des drogues, il est crucial de mettre en place d'autres approches moins répressives, fondées sur la santé publique et les droits de l'homme et intégrant le traitement de substitution aux opiacés, les soins palliatifs et le soulagement de la douleur. 

A cet effet, les États Membres de la CEDEAO en collaboration avec tous les acteurs y compris les organisations de la société civile de la région, doivent œuvrer pour la réduction de la demande de drogues en explorant les alternatives, notamment sanitaires. Plusieurs organisations africaines ont appelé à repenser les lois sur les drogues en Afrique de l'Ouest, afin que les politiques mises en œuvre s'appuient sur les résultats de la recherche scientifique pour des interventions plus ciblées.

Dans ce sens, le Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a organisé une importante « Conférence sur la prévention et le traitement des troubles liés aux addictions aux drogues en Afrique de l'Ouest » du 20 au 21 février 2017, à Abidjan, en Côte d'Ivoire.

Cette conférence a été organisée dans le cadre du projet de soutien au « Plan d'action régional de la CEDEAO en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, la criminalité organisée qui y est liée, et l'abus de drogues en Afrique de l'Ouest »  entièrement financée par l'Union Européenne (Bureau d'Abuja).

 

 
Photo de groupe de la Conférence scientifique d'Abidjan, Côte d'Ivoire, février 2017 ©ONUDC/2017

 

La conférence s'était fixé comme objectif général « le partage des connaissances sur les bonnes pratiques et sur les résultats récents de la recherche sur les questions d'abus de drogues », mais aussi de « promouvoir des stratégies, des politiques et des initiatives fondées sur des données probantes. » Car il faut œuvrer à la réduction de la demande de drogues conformément aux protocoles et standards admis en la matière et dans le respect des Conventions Internationales. La rencontre d'Abidjan a donc été pour les experts une opportunité d'échange sur l'épidémiologie de la consommation de drogues, la prévention et le traitement en Afrique de l'Ouest.

De riches sessions ont été menées sur : l'épidémiologie de l'usage de drogues en Afrique de l'Ouest, la science fondamentale sur la consommation de drogues et les troubles qui y sont liés, la prévention de l'abus de drogues et de l'apparition des troubles de l'addiction, l'état des découvertes scientifiques sur les thérapies intégrées, la science pour l'élaboration des politiques et programmes basées sur des données probantes.

Pendant deux jours, une soixantaine de chercheurs, d'universitaires, de responsables de structures sanitaires, de spécialistes de la prévention et du traitement des addictions ainsi que des responsables de la lutte anti-drogue y compris les acteurs de la société civile, ont échangé autour des derniers résultats de la recherche scientifique relatifs aux troubles causés par l'usage de substances psychoactives.

Le caractère international de cette rencontre scientifique de haut niveau, résidait dans le fait que les participants venaient de pays de la CEDEAO ou d'autres pays africains (Kenya, Maroc…), mais également d'Europe (France, Belgique, Portugal…), d'Australie et des Etats-Unis. Des participants issus de structures prestigieuses faisant référence tant dans la recherche scientifique et la prise en charge des addictions que dans la réduction de la demande de drogue.

La rencontre d'Abidjan a marqué un tournant important dans la mise en œuvre du Plan d'action de la CEDAO en ce qu'elle constitue la première du genre en Afrique depuis la Session spéciale de l'Assemblée Générale des Nations Unies (UNGASS) sur le problème mondial des drogues tenue en avril 2016.

Selon Pierre Lapaque, Représentant régional de l'ONUDC : « La rencontre d'Abidjan est une étape majeure pour éclairer la mise en œuvre des stratégies de réduction de la demande drogue en relation avec les conventions internationales ».

Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de la Sécurité S.E.M  Hamed Bakayoko , la ministre de la  Santé et de l'Hygiène Publique, Mme Raymonde Goudou-Coffie, venus présider l'ouverture des travaux ont préconisé des réponses efficaces, notamment la mise en place d'un Plan national intégré de lutte contre la drogue pour la Côte d'Ivoire et l'ouverture de centres spécialisés de prise en charge de la dépendance aux drogues.  

     
Le Représentant de la CEDEAO représentant SEM Babacar Carlos Mbaye (Représentant de la CEDEAO en Côte d'Ivoire), Mme Raymonde Goudou-Coffie, Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, SEM Hamed Bakayoko, Ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, M. Pierre Lapaque, Représentant régional de l'ONUDC, M. Cheikh Touré, Coordonnateur du projet à l'ONUDC (gauche vers droite)
  
Les participants à la Conférence scientifique
 

L'ONUDC a consacré une partie de ses efforts d'assistance technique aux Etats à un plaidoyer afin que les troubles liés à l'usage de drogues, notamment la dépendance, soient reconnus comme un problème de santé. A cet égard, l'objectif est de promouvoir une démarche scientifique ; ce qui encourage ainsi les États membres à élaborer des politiques et stratégies basées sur des preuves scientifiques en matière de prévention et de traitement des troubles liés aux addictions aux drogues.

L'ONUDC fournit une assistance technique aux États d'Afrique de l'Ouest depuis 20 ans, par le biais de son Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale (ROSEN) basé à Dakar, au Sénégal et de 10 autres bureaux locaux basés dans différents pays de la région. En tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CTO) et de ses Protocoles, ainsi que des trois Conventions sur le contrôle international des drogues, l'ONUDC a pour mandat d'aider les États membres à renforcer leurs réponses nationales en la matière, en conformité avec leurs obligations internationales.

 
  Dr Jean Pol Tassin venu de France, parlant du mécanisme des addictions
 

 

Pour plus d'information:

L'action de l'ONUDC contre le trafic de drogue en Afrique de l'Ouest

Initiative Côtes de l'Afrique de l'OUest (WACI)

Soutien au Plan d'action régional de la CEDEAO contre le trafic illicite de drogues en Afrique de l'Ouest

Le Programme Sahel de l'ONUDC