L'ONUDC soutient les pays du golfe de Guinée dans la lutte contre la criminalité maritime

        

La criminalité maritime mondiale, en particulier la piraterie en Afrique centrale, continue d'être une menace majeure pour le développement économique des pays côtiers. Abritant certains des plus grands champs pétrolifères du monde, le Golfe de Guinée, est la zone la plus touchée par la criminalité maritime. De novembre 2018 à avril 2019, des attaques ont été signalées au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale, en République centrafricaine et à Sao Tome et Principe. Le modus operandi utilisé pour ces attaques souligne la structure de plus en plus organisée des groupes criminels. En effet, ils arrivent à procéder au détournement des navires des zones d'ancrage ou encore à des attaques de plateformes déstockage de pétrole impliquant souvent des enlèvements.

The frequency of the attacks is however not mirrored by a consequent judicial response. Indeed, there is a lack of evidence of pirates' convictions in West and Central Africa. The need for legal reforms, reinforcement of capacities in investigating and prosecuting maritime crimes remain a priority.

Dans ce contexte, depuis 2009, l'ONUDC, dans le cadre du Programme mondial pour la lutte contre la criminalité maritime (GMCP), aide les pays du Golfe de Guinée à surmonter les obstacles liés à la criminalité maritime, notamment l'impunité, le manque d'application des lois, le mauvais fonctionnement de la chaine pénale et la difficulté à contrôler les frontières, en renforçant les capacités des services répressifs et des acteurs de la chaine pénale.

A l'occasion de la Journée mondiale de la mer, célébrée le 26 septembre, le Bureau régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre met en avant les principaux résultats obtenus dans la lutte contre la criminalité maritime.

       
Affiche de la cérémonie de signature du mémorandum s'accord sur les opérations maritimes conjoints
    Simulation de procès à Accra, juin 2019.

Les chefs de cabinet du Ghana, de la Côte d'Ivoire et de la Sierra Leone, la marine de Guinée, les garde-côtes libériens et la gendarmerie burkinabé se sont rencontrés à Accra (Ghana) et ont signé un mémorandum d'accord prévoyant des patrouilles conjointes dans la zone F du golfe de Guinée (Zone F : Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia et Sierra Leone). L'ONUDC a dirigé la préparation et la finalisation de cet accord qui représente une étape importante des efforts conjoints des États membres de la CEDEAO dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée dans la région.

L'engagement croissant des pays du golfe de Guinée pour lutter efficacement contre la criminalité maritime est également mis en évidence par la signature du « projet de loi sur la répression de la piraterie et d'autres infractions maritimes », en juin 2019, par le président du Nigéria, Monsieur Muhammadu Buhari. En effet, le Nigéria est le premier pays du Golfe de Guinée à promulguer une loi autonome pour lutter contre la piraterie. Des Procédures opératoires standard harmonisées ont aussi été élaborées afin de fournir des services efficaces dans les domaines de la prévention du crime, de la détection, de l'appréhension des délinquants et des enquêtes.

 

 

                                           

Remise du matériel de bureau aux procureurs chargé de juger les cas de crimes maritimes au Nigéria

L'affaire DONA au Togo illustre particulièrement bien les efforts réalisés par les Etats dans ce domaine. En effet, dans cette affaire, un petit pétrolier a été attaqué par des pirates en mai 2019 et grâce à une intervention rapide du Centre d'Opérations de la marine nationale togolaise, les pirates ont pu être appréhendés. Par la suite, l'ONUDC a fourni une assistance technique et financière afin de mener à bien l'enquête et la collecte des preuves dans cette affaire. Les autorités togolaises poursuivent actuellement les suspects, ce qui pourrait donner lieu à la première affaire de piraterie jamais poursuivie dans le Golfe de Guinée.

L'ONUDC, en collaboration avec INTERPOL, a par ailleurs organisé des simulations de procès en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Nigéria sur les actes de piraterie et autres infractions maritimes. Cette initiative financée par les Etats-Unis vise à renforcer les capacités des juges, des enquêteurs et des procureurs afin d'assurer une poursuite efficace des affaires de criminalité maritime. L'ONUDC a également mené une recherche approfondie aux côtés des procureurs nationaux, des juges et d'autres homologues chargés de l'application de la loi dans les domaines maritime, afin d'identifier les lacunes existantes dans les systèmes judiciaires des pays de la région.

Les différentes activités du Programme mondial pour la lutte contre la criminalité maritime s'inscrivent dans le cadre du Programme régional pour l'Afrique de l'Ouest de l'ONUDC et contribuent à la réalisation de l'Objectif de développement durable (ODD) 16.

For more information :

Programme mondiale pour la lutte contre la criminalité maritime

Vidéo GMCP en Ghana

Vidéo GMCP en Sao Tome et Principe

Bulletin du Programme mondiale pour la lutte contre la criminalité maritime