Traite des personnes et trafic illicite de migrants: l'ONUDC renforce les connaissances des acteurs de la chaîne pénale au Tchad

Cette activité a été financée par le Royaume des Pays-Bas

Le Tchad, du fait de «  sa position géographique, la richesse de son sous-sol, mais également le contexte sécuritaire qui prévaut au niveau de ses frontières, est devenu une route migratoire de plus en plus utilisée » affirme Mme. Julienne Deyo, Directrice des affaires judiciaires du Ministère de la Justice. Ces mouvements migratoires en direction de la Libye, de l'Europe et des sites d'orpaillages ne sont pas sans risques et exposent les personnes victimes de trafic aux passeurs et aux violations de leurs droits fondamentaux.

Outre le trafic illicite de migrants, les mines et zones aurifères sont devenues de hauts lieux de la traite des personnes et de l'exploitation des populations vulnérables. Le travail forcé des « enfants bouviers » - enfants engagés comme bergers - dans les activités de pâturage, la servitude domestique des femmes et enfants, ou encore la mendicité forcée connue sous le nom de «  Mahadjirine », sont d'autres formes d'exploitation répandues au Tchad.

Face à ces phénomènes, le pays a ratifié en juin 2018 l'ordonnance n°006/PR/18 portant lutte contre la traite des personnes, intensifiant ainsi ses efforts pour prévenir, combattre et punir les auteurs de ces crimes. Un organe de coordination a également été créé dans la foulée pour lutter contre la traite des personnes. Dans ce sillage, le gouvernement de la République du Tchad travaille actuellement sur la mise en place d'un cadre institutionnel pour lutter contre le trafic illicite de migrants. Ces efforts sont essentiels et doivent être appuyés.

Photo de groupe des participants

Afin de soutenir les efforts du pays dans ce domaine, l'ONUDC a organisé, du 16 au 19 décembre 2019 à N'Djamena, un atelier de formation des acteurs de la chaîne pénale sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants en République du Tchad.

La formation a réuni un total de 33 magistrats, policiers et gendarmes de toutes les régions du pays, dont 2 femmes. Cet atelier avait pour objectif, d'une part, de contribuer à une meilleure connaissance des instruments juridiques portant sur la criminalité transnationale organisée et, d'autre part, de renforcer les capacités des acteurs de la chaîne pénale sur les principes et techniques gouvernant les phases de détection, d'enquête et de jugement en matière de traite des personnes et de trafic illicite de migrants.

Photo de famille

Les participants ont été introduits aux éléments constitutifs de la traite des personnes et du trafic illicite de migrants, à la protection des victimes et témoins, aux différentes techniques d'enquêtes, ainsi qu'à l'importance de la coopération judiciaire et policière internationale. Des études de cas et simulations de procès ont animé la formation, permettant aux acteurs de la chaîne pénale de renforcer leur collaboration et de comprendre le rôle de chacun dans le traitement de l'infraction de traite des personnes et de trafic illicite de migrants.

Selon un officier de la police judiciaire, le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale tchadien «  doit être poursuivi », dans la mesure où ce sont «  des concepts nouveaux qui demandent à être consolidés afin de pouvoir mener des enquêtes et assurer un traitement efficace des infractions de traite des personnes et de trafic illicite de migrants ». Des recommandations ont été formulées en ce sens par les participants notamment: « (i) Intensifier les formations à l'endroit des acteurs de la chaîne pénale et appuyer en matériel de travail; (ii) appuyer la ratification du protocole portant lutte sur le trafic illicite de migrants et (iii) renforcer le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme dans la lutte contre la traite de personnes et trafic de migrants ». L'atelier a été conclu par la Directrice des affaires judiciaires qui a appelé les « magistrats et les officiers de police judiciaire à s'approprier le contenu de cette formation ».

Cet atelier de formation s'inscrit dans le cadre du projet PROMIS financé par le Royaume des Pays-Bas et implémenté conjointement par l'ONUDC et le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme (HCDH), et contribue à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, à travers laquelle l'ONUDC s'est engagé à appuyer les pays du Sahel dans la lutte contre la criminalité organisée sous ses différentes formes. Il témoigne également des progrès accomplis vers la réalisation de l'Agenda 2030 pour le développement durable, contribuant principalement à l'Objectif de développement 16, « promouvoir l'avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l'accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous ».

En savoir plus:

La Stratégie Régionale de l'ONUDC contre la Traite des Personnes et le Trafic Illicite de Migrants en Afrique de l'Ouest et du Centre

L'ONUDC et la traite des personnes et le trafic de migrants