Les dirigeants de l'Union africaine s'accordent pour renforcer la coopération et lutter contre l'exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore

Depuis 2000, l'exploitation criminelle de la faune et de la flore a atteint des niveaux sans précédent. En 2014, l'ONUDC a estimé que plus de 20 000 éléphants sont tués chaque année en Afrique et qu'ils pourraient même disparaitre dans 20 ans. Le braconnage a entraîné la quasi-disparition des rhinocéros au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

La criminalité faunique et forestière ne constitue pas seulement une menace pour l'environnement mais aussi pour la paix et la sécurité des États et de leurs populations. Elle alimente la corruption dans les aéroports, les ports, les bureaux de douane et les services de sécurité et fournit de nouveaux revenus aux groupes insurgés et réseaux criminels dans l'ensemble du continent africain.

La Conférence internationale sur l'exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages en Afrique a été accueillie par la République du Congo et a eu lieu à Brazzaville du 27 au 30 avril 2015. La Commission de l'Union africaine et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) ont aussi fortement participé à l'organisation de cette réunion internationale, qui constitue une étape majeure dans la lutte contre la criminalité de la faune et de la flore.

Elle a été présidée par Son Excellence Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, accompagné de Son Excellence Monsieur Idriss Déby, Président de la République du Tchad, Son Excellence Monsieur Daniel Ona Ondo, le Prémier ministre du Gabon, Madame Tumusiime Rhoda Peace, le Commissaire de l'Union africaine pour l'économie rurale et l'agriculture et le Directeur exécutif adjoint du PNUE, Monsieur Ibrahim Thiaw. Étaient également présents un certain nombre de Ministres africains de l'environnement et des forêts, d'autres représentants des États membres africains et des partenaires de la communauté internationale comme l' Union européenne, le Secrétariat de CITES, l'ONUDC, l' OMS et des ONG, tels que TRAFFIC et WWF.

      
S.E. Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo et S.E. Monsieur Idriss Déby, Président de la République du Tchad à la cérémonie d'incinération des saisies d'ivoire

Rappelant les principales précédentes déclarations et résolutions sur le sujet, les gouvernements africains ont adopté le 30 avril une stratégie commune, accompagnée d'un plan d'action et d'une feuille de route pour aider l'Afrique à faire face à l'exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages.

La Déclaration appelle également l'Assemblée de l'Union africaine à inviter tous les pays africains à se conformer à leurs obligations internationales, réviser et amender leurs législations nationales afin de criminaliser le braconnage et le trafic de la faune et de la flore, coordonner leurs efforts dans l'application des lois et veiller à ce que ces infractions soient considérées comme des crimes graves dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.

Enfin, il a été recommandé de présenter cette nouvelle stratégie à l'Assemblée générale des Nations Unies dans le but qu'elle soit inclue dans la stratégie mondiale de l'ONU sur la criminalité faunique et des forêts.

Ce rassemblement clé reflète la préoccupation des pays africains concernant la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts et leur volonté de lutter contre ce fléau en adaptant leurs réponses grâce à une stratégie étroitement coordonnée. En tant que gardien des conventions des Nations Unies sur la criminalité transnationale organisée et la corruption, l'ONUDC a été clairement identifié comme un partenaire fondamental pour aider les États membres touchés par ce crime à améliorer leur capacité d'application de la loi et leurs systèmes de justice pénale. Ceci, afin d'améliorer la prévention, la poursuite et la répression de l'exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages en Afrique, dans le cadre du Programme mondial de l'ONUDC (2014-2018) et en étroite collaboration avec des partenaires du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC).

Pour de plus amples informations :

L'ONUDC et la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts

Programme mondial de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts

Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE)

Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée