Traitement des prisonniers, réinsertion sociale et gestion des prisons dans le Sahel : l'ONUDC promeut la réforme pénale dans la région 

          Cette activité a été financée par l'Autriche

Alors que les pays du Sahel sont confrontés aux menaces croissantes de sécurité liées au terrorisme, au crime organisé et au trafic illicite, la pression sur leurs systèmes pénitentiaires s'accroît. Avec les taux de surpopulation carcérale les plus élevés du monde selon l'ONUDC, allant de 120% à 232%, les conditions de détention au Burkina Faso, Tchad, Niger, Mali et Mauritanie soulèvent de nombreuses préoccupations pour les droits de l'homme et la sécurité dans la région.

Pour ces raisons, l'ONUDC a organisé un atelier sur la réforme pénitentiaire à Niamey, au Niger, du 9 au 14 novembre 2014. L'événement a regroupé les agents en charge de l'administration pénitentiaire dans les pays susmentionnés pour la première fois, ainsi que des représentants de l'Algérie, du Sénégal et de la République Centrafricaine, afin de discuter et de partager les pratiques optimales en vue d'accroître l'efficacité de la gestion des prisons, et de promouvoir la réinsertion sociale des détenus, ainsi que de déterminer les besoins d'assistance technique de l'ONUDC pour 2015.

 
 

Parmi les conclusions et recommandations principales figurent la création d'un réseau régional d'administrations pénitentiaires visant à faciliter le partage d'informations concernant les enjeux et solutions possibles, ainsi que les pratiques optimales. La nécessité de réviser la législation et la réglementation en vigueur sur le statut du personnel pénitentiaire dans chaque pays a également été soulevée, ainsi que le développement d'un programme de formation qui pourrait être adapté et utilisé dans chaque pays, en s'appuyant sur des manuels et du matériel de formation de l'ONUDC. Ces initiatives ont été grandement appréciées autant par le premier ministre que par le ministre de la Justice du Niger, ainsi que par les délégués d'autres pays de la région qui étaient présents à l'atelier. Celles-ci vont être appuyées par l'ONUDC au cours de 2015.

Au cours de l'atelier, les principales questions abordées ont porté sur sept piliers : (i) les capacités de l'administration pénitentiaire, y compris le statut du personnel pénitentiaire, ainsi que les programmes et les normes de formation connexes ; (ii) les groupes ayant des besoins spéciaux, comme les terroristes, les femmes et les enfants ; (iii) la réinsertion sociale ; (iv) la sécurité et la sûreté du personnel et des détenus ; (v) les lois, les règlements et les politiques pénales, avec une attention particulière à leur harmonisation avec les normes internationales ; (vi) la surpopulation carcérale ; et (vii) les infrastructures.

Dans le cadre de la contribution de l'ONUDC à la Stratégie Sahel 2011-2017, les efforts de réforme pénale visent à assurer le respect des droits des détenus comme stipulé par l'ensemble de Règles minima pour le traitement des détenus, les Règles des Nations Unies pour le traitement des détenues et l'imposition de mesures non privatives de liberté aux délinquantes (Règles de Bangkok) et d'autres instruments internationaux pertinents, en particulier les conventions internationales des droits de l'homme. En outre, conformément à ces instruments internationaux, ces efforts visent à établir et développer des programmes de substitution à l'emprisonnement et de réinsertion sociale. Bien que ces programmes ciblent la population carcérale totale, une assistance basée sur la classification adéquate des prisonniers devrait aider à concevoir et mettre en œuvre ces initiatives ciblées, notamment pour contrer les menaces posées par le radicalisme et le crime organisé, qui continuent d'entraver les efforts de sécurité et de développement dans la région du Sahel.

Pour de plus amples informations:

Règles minima pour le traitement des détenus

Règles des Nations Unies pour le traitement des détenues et l'imposition de mesures non privatives de liberté aux délinquantes (Règles de Bangkok)