Consommation et trafic de drogue en Afrique de l'Ouest: impacts locaux et implications internationales

21 Mars 2014 - La consommation de drogue et l'impact de son trafic sur la gouvernance, la sécurité et le développement en Afrique de l'Ouest ont été mis en évidence cette semaine, lors d'un événement organisé par la Commission ouest-africaine sur le trafic des drogues (WACD) et l' International Drug Policy Consortium (IDPC).

Axé sur les lignes secondaires de la Commission des stupéfiants (CND), l'événement a inclut la participation du Directeur exécutif de l'ONUDC, Yury Fedotov, de l'ancien président du Nigeria et président actuel de la WACD Olusegun Obasanjo, et du Commissaire de la WACD Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou.

Discutant de la vulnérabilité de l'Afrique de l'Ouest au trafic de drogues illicites, et de l'utilisation accrue de drogues dans la région qui en découle, M. Fedotov a déclaré: «Le trafic de cocaïne demeure un défi grave. Une augmentation de la quantité de trafic d'héroïne dans la région a eu lieu, en particulier depuis 2010. La production de méthamphétamine en Afrique de l'Ouest est à la hausse tandis que le trafic d'éphédrine est un sujet de grave préoccupation. Pendant ce temps, la consommation de drogue locale semble s'être intensifié, y compris l'utilisation croissante de crack, d'héroïne et de stimulants de type amphétamine. Ceci est devenu un problème pour la santé et la sécurité du public, accompagné d'une augmentation du nombre d'infections de VIH attribuée à l'injection de drogue».

Le président Obasanjo a mis en garde quant à lui d'une «évolution (qui) constitue de graves menaces pour la paix et la sécurité en Afrique de l'Ouest», se référant aux syndicats du crime organisé qui utilisent la région comme une plaque tournante pour la drogue en transit vers d'autres parties du monde. Il a souligné en outre l'importance d'intensifier des actions visant à mettre fin aux problèmes liés aux utilisateurs de drogue dans la région, appelant à un financement réorienté proportionnellement vers les services manquants comme la santé, les traitements et les services de réadaptation pour les utilisateurs. Ceci fut également exprimé par M. Fedotov qui, tout en appelant à un soutien supplémentaire pour arrêter le trafic de drogue, a souligné la nécessité urgente «de répondre à la demande et de faciliter la mise en place de traitements et services de réadaptation de qualité».

Dr. Ould Mohamedou a également examiné les répercussions des drogues sur la santé en Afrique de l'Ouest, en notant que, bien que la région ai toujours été considérée comme une zone de transit, des indications montrent que la consommation est à la hausse, en particulier chez les jeunes, tout comme la production locale de drogues dont le cannabis.

Les trois participants ont souligné la nécessité de s'attaquer aux facteurs socio-économiques sous-jacents afin d'aboutir à une solution durable. Le Président Obasanjo et le Dr Ould Mohamedou ont noté que, avec des niveaux élevés de pauvreté et de chômage, plus d'emplois sont nécessaires car les jeunes en particulier pourraient considérer le trafic de drogue comme une opportunité attrayante pour générer des revenus.

L'événement s'est conclu par un bref aperçu d'un rapport à venir de la WACD, qui sera publié en mi-2014. Le rapport, qui s'appuie sur les initiatives existantes et comportera une liste de recommandations politiques, se concentre à la fois sur la demande (la consommation de drogues) et l'offre (trafic de drogue). Il a été développé en collaboration avec un éventail d'acteurs travaillant dans ce domaine, incluant des dirigeants régionaux, des responsables de l'application de la loi, des organisations de la société civile, et des organismes tels que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine (UA) et l'ONUDC.

Pour de plus amples informations:

International Drug Policy Consortium (IDPC)

Programme régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest

Commission ouest-africaine sur le trafic des drogues (WACD)