L'ONUDC améliore le contrôle des conteneurs dans les ports pour lutter contre les crimes fauniques

Selon les Nations Unies, un éléphant est tué pour son ivoire toutes les 15 minutes, ce qui représente environ 35.000 éléphants chaque année. L'ONU estime que jusqu'à 100 000 éléphants d'Afrique ont été tués entre 2010 et 2012 et que l'Afrique a déjà perdu entre 50% et 90% de sa population d'éléphants. En outre, 94 % du braconnage de rhinocéros prend place en Afrique australe et sa corne est évaluée à 63 000 $US, ce qui équivaut à deux fois le prix de l'or, et a plus de valeur que la cocaïne sur le marché noir.

Avec l'immensité du défi à relever par les douanes et les institutions d'application de la loi en Afrique de l'Ouest, les crimes fauniques sont à la hausse. Les trafiquants de la région et les criminels exploitent la faiblesse, l'inefficacité et la rareté des contrôles portuaires dans la région.

Dans ce contexte, l'ONUDC a organisé un atelier du 25 au 27 août 2015 à Accra, au Ghana, et du 31 août au 2 septembre 2015 à Dakar, au Sénégal. L'objectif de cet atelier était d'offrir une formation aux organismes chargés de l'application de la loi, pour renforcer les capacités de lutte contre la criminalité faunique par le biais du Programme de contrôle des conteneurs maritimes (PCC). Cet atelier a été donné par des experts et formateurs de l'ONUDC, de l' Organisation mondiale des douanes (OMD) et des membres du CITES.

 
Des experts de l'ONUDC, OMD , et CITES avec les participants de l'atelier à Dakar

Le Programme de contrôle des conteneurs a été développé conjointement par l'ONUDC et l'OMD pour aider les gouvernements à créer des structures viables d'application de la loi dans les ports maritime et secs. Précisément, ce Programme vise à minimiser le risque d'expédition de conteneurs exploités pour le trafic illicite de drogues, et d'autres crimes transnationaux. La mise en oeuvre de ce Programme donne l'opportunité à l'ONUDC de travailler avec les gouvernements dans la mise en place d'une unité dédiée au ciblage et à l'inspection des conteneurs à risque élevé.

L'ONUDC en partenariat avec l'OMD a ainsi offert des formations de base, mais aussi des équipements techniques et bureautiques. Par exemple, les équipements se connectent aux unités de l'OMD ContainerCOMM (une branche restreinte de Customs Enforcement Network) dédié au partage d'information dans le monde entier sur l'utilisation de conteneurs pour le trafic illicite des drogues. L'ONUDC appuie également les gouvernements à mettre en place un cadre institutionnel adéquat pour l'unité, par l'intermédiaire d'accords entre les différentes organisations.

Pour le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, "Le commerce illégal des espèces sauvages sape la primauté du droit, dégrade les écosystèmes et entrave considérablement les efforts des communautés rurales qui sont déterminées à gérer de façon viable leurs ressources naturelles". En effet, le commerce des espèces sauvages est un crime organisé transnational qui soulève des bénéfices de l'ordre de 19 milliards de dollars annuellement et constitue le 5ème plus grand commerce illégal dans le monde. En outre, elle est souvent liée à d'autres crimes tels que le trafic d'armes, le trafic de drogues, la corruption, le blanchiment d'argent et le terrorisme - qui peuvent ôter les économies des pays en voie de développement de milliards de dollars en recettes fiscales.

Pour de plus amples informations :

Programme de contrôle des conteneurs de l'ONUDC

Convention des Nations Unies sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES)

Programme mondial de lutte contre la criminalité de la faune

Campagne des Nations Unies pour la journée mondiale de la vie sauvage