L'ONUDC organise une formation sur le partage et la judiciarisation de renseignements dans la prévention du terrorisme en Côte d’Ivoire

12-3-2021  ABIDJAN. En Côte d’Ivoire, la multiplication des incidents terroristes et l’évolution de leurs modes opératoires alertent particulièrement les autorités, souhaitant ainsi renforcer leur réponse pénale face à cette menace. Pour répondre à ce besoin, le Service de la prévention du terrorisme du Bureau régional de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre a organisé un atelier de formation sur le « partage et la judiciarisation de renseignements dans la lutte contre le terrorisme. 

Cette activité, financée par l’Allemagne et tenue sous l'égide du Groupe de travail pour l'Afrique de l'Ouest du Forum mondial contre le terrorisme (GCTF WA WG), a permis de réunir 20 participants représentant tous les principaux acteurs de la chaîne pénale, mais également des experts internationaux des pays voisins et d’Interpol. L’objectif de cet atelier était de renforcer les capacités des acteurs des services répressifs et du système judiciaire à lutter ensemble et efficacement contre le terrorisme. 

Les échanges ont permis de mettre en lumière le caractère préjudiciable du cloisonnement, d’incompréhensions entre agences et d’une faible coopération, tant au niveau national qu’international. Comme l’a mentionné le Dr. Amado Philip de Andrés, Représentant régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, « une approche collaborative entre les magistrats, les services de renseignements, les militaires et les autres acteurs de la chaîne pénale est essentielle pour lutter contre l’impunité. »

Plusieurs participants ont confirmé ce constat au cours de l’atelier, tout en formulant des propositions pour y remédier. Il a notamment été noté qu’un juge d’instruction sans renseignements ne peut pas mener à bien son enquête. Pour faire face à ce besoin de collaboration, les experts ont suggéré de bonnes pratiques telles que la création d’un organe permanent de concertation, la mise en place de mécanismes formels et informels pour faciliter les échanges d’information, l’élaboration de procédures opérationnelles standardisées pour la collecte de preuves sur les lieux d’une attaque ou encore l’élaboration de questionnaires standardisés pour les interrogatoires de présumés terroristes. De plus, face aux préoccupations relatives à la sécurité des civils en zones frontalières il a été recommandé de développer des actions conjointement entre forces civiles et militaires pour répondre à leurs besoins vitaux et prévenir la radicalisation. 

Les participants ont souligné l’utilité de cet atelier de formation à travers lequel ils ont pu approfondir leurs connaissances sur les méthodes adéquates de judiciarisation des éléments de preuves collectés, ainsi que sur les outils opérationnels de coopération à leur disposition.