La République Centrafricaine lance son premier plan d'action national contre la traite des personnes

20-03-202

BANGUI  Le premier grand plan d'action national visant à protéger, prévenir et sanctionner la traite des personnes a été lancé en République centrafricaine et promet de rendre le pays plus sûr.

Ce plan national constitue une avancée considérable pour le pays de 4,6 millions d'habitants, dont environ un million ont été forcés de fuir leur foyer en raison des conflits intercommunautaires, de la recrudescence de la violence et des troubles politiques depuis 2003.

En raison de cette instabilité et malgré les dispositions du code pénal (article 151) qui définit la traite des êtres humains conformément au protocole des Nations unies visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, aucun trafiquant n'a été poursuivi ou condamné depuis 2008. 

Le 13 mars 2020, le président Faustin-Archange Touadéra, après avoir fait de l'éradication de la traite des êtres humains sa priorité, a signé et approuvé le Plan d'action national et un décret établissant un dispositif de coordination contre la TIP. L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) ont été invités à aider le pays à mieux prévenir et combattre ce crime.

"C'est une étape formidable et nous saluons les efforts de la RCA pour avoir mobilisé toutes ses autorités de novembre 2019 à mars 2020 pour la production de ces deux instruments qui ouvrent la voie à des actions concrètes", a déclaré Polleak Ok Serei, coordinateur du programme de l'UNODC.

Quarante points focaux TIP nommés par le gouvernement (20 hommes et 20 femmes) de leurs ministères respectifs ont participé à deux ateliers de formation organisés conjointement en février et mars 2020. Le premier a permis aux points focaux nationaux d'acquérir une solide connaissance de la traite des personnes.

"Il est difficile d'obtenir une estimation du nombre de victimes dans le pays - et pour quel type d'exploitation. Il est également difficile d'obtenir des informations sur les méthodes utilisées par les trafiquants", a déclaré M. Ok Serei de l'UNODC. "Cette formation initiale est donc une première étape pour poser les fondations des méthodes", a-t-il ajouté.

Les deux ateliers ont été ouverts par S.E. Josiane Bemakasoui, conseillère présidentielle pour la protection de l'enfance, et S.E. Gisèle Pana, ministre de la promotion de la femme, de la famille et de la protection de l'enfance, qui a réitéré l'importance pour le pays d'aborder la question de la traite des personnes.

Elles ont souligné que l'adoption du plan d'action national pour 2020 montre l'engagement du gouvernement à lutter contre ce crime odieux et qu'il ouvrira la voie à des actions concrètes pour mieux prévenir et poursuivre le crime dans le pays, et protéger les victimes de la traite des êtres humains tout en établissant des partenariats pour apporter une réponse coordonnée à ce crime.

Quarante-quatre points d'action clés pour la mise en œuvre du plan d'action national 2020 ont été identifiés avant d'être finalisés et validés avec succès par toutes les parties prenantes lors d'un deuxième atelier tenu en mars 2020, dont :

  • La nomination d'un membre du ministère public et d'un juge d'instruction pour traiter les cas de traite des personnes
  • La définition de politiques pénales à l'égard des auteurs de la traite des personnes afin d'appliquer efficacement les sanctions prévues par l'infraction de traite des personnes
  • La création d'une base de données de jurisprudence sur la traite des personnes
  • L'organisation d'un atelier de renforcement des capacités des magistrats sur la traite des personnes à Bangui
  • L'organisation d'audiences spéciales sur la traite des personnes, en fonction du nombre d'affaires en cours

 

L'ONUDC et l'OIM ont apporté leur soutien, notamment grâce aux contributions financières de la MINUSCA et du PNUD, au gouvernement de la RCA dans ses efforts pour lutter contre la Traite des Personnes.  L'ONUDC et l'OIM recherchent activement des fonds pour continuer à soutenir le gouvernement sur le long terme. 

   

Ces activités contribuent à la réalisation des objectifs de développement durable suivants

➢ 5.2 : Éliminer toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles dans les sphères publiques et privées, y compris la traite et l'exploitation sexuelle et autre
➢  8.7 : Prendre des mesures immédiates et efficaces pour éradiquer le travail forcé, mettre fin à l'esclavage moderne et à la traite des êtres humains et assurer l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats, et, d'ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes
➢ 10.7 : Faciliter une migration et une mobilité ordonnée, sûre, régulière et responsable des personnes, notamment par la mise en œuvre de politiques migratoires planifiées et bien gérées
➢ 16.2 : Mettre fin à la maltraitance, à l'exploitation, à la traite et à toutes les formes de violence et de torture à l'encontre des enfants