Les mesures sanitaires contre COVID-19 susceptibles d'entraîner l'augmentation du trafic de migrants & de la traite des êtres humains à long terme, selon un rapport de l'ONUDC

Les restrictions de voyage et de circulation liées à COVID-19 n'arrêtent pas les mouvements des personnes fuyant les conflits, les violations des droits de l'homme, la violence et les conditions de vie dangereuses, selon un rapport publié par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Toutefois, la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes pourrait entraîner une augmentation du trafic de migrants. Les individus ont encore plus besoin des services de passeurs pour traverser les frontières.

Les fermetures et les restrictions entraînent aussi souvent l'utilisation d'itinéraires et de conditions plus risqués, ainsi que des prix plus élevés pour les services de passeurs, exposant les migrants et les réfugiés à une augmentation des abus, de l'exploitation et de la traite des êtres humains.

La menace de COVID-19 n'a pas non plus arrêté le conflit en cours en Libye.

Avant le conflit, de nombreux Africains de l'Ouest migraient vers la Libye pour y trouver du travail. Depuis lors, beaucoup de ceux qui travaillent en Libye ont essayé de partir, en montant à bord de navires dans les ports maritimes de la côte nord du pays afin d'arriver en Italie ou, dans un plus petit nombre de cas, à Malte.

Depuis le début de l'année 2020, un total de 3 366 personnes sont arrivées en Italie de manière irrégulière en provenance de Libye et de Tunisie (au 27 avril), ce qui représente une augmentation significative par rapport à la même période en 2019 (667 personnes).



Une analyse préliminaire suggère que la crise COVID-19 n'a pas eu d'effet significatif en termes de perturbation des opérations de contrebande, car des personnes continuent à être acheminées par cet itinéraire.

En outre, en période de pandémie, les réfugiés et les migrants sont également exposés à la menace sanitaire du virus et n'ont souvent qu'un accès limité ou inexistant à des traitements appropriés ou à des conditions sanitaires de base.

La dernière étude de l'ONUDC analyse les scénarios possibles de la manière dont le trafic transfrontalier de migrants et la traite des personnes vers l'Amérique du Nord et l'Europe peuvent être affectés par la crise COVID-19.

Le rapport est disponible ici  

L'ONUDC a également élaboré un dossier thématique qui démontre l'impact de la pandémie COVID19 sur les victimes de la traite des êtres humains.  Lire le rapport ici : Conclusions préliminaires et messages basés sur un bilan rapide




Pour plus d'informations :

Les victimes de la traite plus menacées par la pandémie de COVID-19 

Communiqué de presse  http://www.unis.unvienna.org/unis/en/pressrels/2020/uniscp1100.html