La République du Tchad adopte un décret sur la Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité

N'DJAMENA   Le Tchad a formellement institutionnalisé sa plateforme nationale de coordination et d'échange d'informations sécuritaires visant à renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée dans les pays du Sahel.

Il est le premier pays du G5 Sahel à adopter le texte proposé par l'ONUDC pour établir l'existence juridique nationale de la Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité (PCMS).

La PCMS est désormais juridiquement reconnue comme un mécanisme de coopération policière régionale et est consacrée comme une entité multi-agences englobant tous les corps de sécurité, y compris la police, la gendarmerie nationale, les services douaniers, la garde nationale et l'administration pénitentiaire.

De gauche à droite : Commissaire Adamou Moussa Nouhou - Coordonnateur de la PCMS Niger, Commissaire Divisionnaire Morsia Dafalam - Coordonnateur de la PCMS Tchad, Antoine Ngarambe d'Interpol, Mostapha Mouzouni - Expert en application des lois de l’ONUDC

En tant que l'un des principaux partenaires du G5 Sahel, l'ONUDC a fourni une assistance normative et en équipements importante dans la mise en place de la PCMS tchadienne. "La reconnaissance juridique nationale de la PCMS lui permettra d'atteindre sa vitesse de croisière en réagissant plus efficacement et plus rapidement dans la collecte, l'analyse et la transmission des informations de sécurité pour mieux lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée au Sahel", a déclaré le coordinateur national de la PCMS-G5 Sahel, le Commissaire Divisionnaire de Police tchadien Morsia Dafalam.

Marie Gibrat - Spécialiste G5 à l’ONUDC, avec Commissaire Divisionnaire Morsia Dafalam -Coordonnateur de la PCMS Tchad

"Nous tenons donc à exprimer notre plus profonde gratitude à l'ONUDC pour ses conseils et son soutien multiforme pour le développement de notre PCMS-Tchad.  En outre, nous invitons les autres pays membres du G5 Sahel à suivre l'exemple du Tchad. Vive le Tchad, vive l'ONUDC, vive le G5 Sahel", a ajouté le Commissaire Divisionnaire de Police Dafalam.

Le décret, signé le 5 mai 2020, établit l'organisation et le fonctionnement de la plateforme nationale de sécurité tchadienne. Il concerne tous les aspects de la coopération policière internationale, y compris l'échange d'informations avec la plateforme régionale et les plates-formes nationales d'autres États, la facilitation des opérations conjointes, ainsi que la possibilité d'accéder aux bases de données criminelles internationales d'INTERPOL et de les utiliser en appui aux services opérationnels.

"Cet acte concrétise tous les efforts que la PCMS régionale, avec le soutien de ses partenaires techniques et financiers, déploie", a déclaré Abdoulaye Kaka, coordinateur régional de la Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité du G5 Sahel.

"Cette première étape, je l'espère, encouragera d'autres pays à accélérer le processus d'adoption des textes internalisant la PCMS dans le système juridique et administratif de leur pays. C'est un grand pas en avant dans l'organisation de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée", a-t-il ajouté.

Le plaidoyer pour l'adoption de ce texte a été organisé avec le soutien financier et technique de l'ONUDC. Ce plaidoyer a abouti à une recommandation favorable adoptée par les ministres en charge de la sécurité des Etats du G5 lors de leur réunion tenue le 14 septembre 2019 à Ouagadougou.

L’ONUDC appuie la PCMS du G5 Sahel, depuis sa création en 2015, en coordination avec les autres partenaires techniques et financiers tel qu’INTERPOL et Civipol et grâce aux généreuses contributions des bailleurs du Programme Sahel.