L'ONUDC publie un rapport sur les risques de fraude et de corruption associés aux dispositifs d'aide d'urgence Covid-19 en Afrique de l'Ouest et du Centre

02-11-2020

L'année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19 à l'échelle mondiale. Les pays du monde entier ont pris des mesures importantes au cours des derniers mois pour préserver la santé et les moyens de subsistance de leurs citoyens, notamment en mettant en place des filets de sécurité économique. Les pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale n'ont pas fait exception et la plupart d'entre eux ont mis en place des dispositifs de soutien d'urgence.

Le rapport 2020 de l'ONUDC, Plans de soutien d'urgence pour faire face à la pandémie de Covid-19 en Afrique de l'Ouest et du Centre, présente les mesures d'urgence adoptées en Afrique de l'Ouest et du Centre, ainsi que les risques de fraude et de corruption liés à ces mesures.

Le rapport montre que les pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale ont fourni de nombreux exemples d'engagement constructif des parlementaires, des organismes de lutte contre la corruption et des organisations de la société civile dans leurs réponses à la crise de Covid-19.

Toutefois, le rôle de ces acteurs pourrait être renforcé davantage pour garantir la transparence, l'intégrité et la responsabilité dans la conception et la mise en œuvre des dispositifs de soutien d'urgence.

Tout en reconnaissant la nécessité d'une action urgente pour prévenir l'effondrement économique et social, l'absence de mécanismes de responsabilité et de contrôle suffisants dans l'attribution et la distribution des plans de relance économique, ainsi que de procédures de passation de marchés simplifiées, augmente le risque que la corruption et la fraude affaiblissent l'impact des mesures prises. Il peut en résulter un déficit de l'aide dont on a désespérément besoin et qui atteint les bénéficiaires visés, ce qui a un impact sur les moins puissants parmi la population [1].

Au total, 21 pays ont fait l'objet d'une enquête : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Côte d'Ivoire, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone et Togo. Les données ont été compilées principalement grâce à un questionnaire envoyé aux représentants du gouvernement, ainsi qu'aux agences de lutte contre la corruption et aux organisations de la société civile (OSC) en mai 2020. Les informations recueillies ont été combinées à une recherche directe sur les mesures d'urgence et les réglementations du Covid-19.

 

Le rapport se concentre tout d'abord sur les mesures adoptées. À l'aide de graphiques, il montre les différents types de mesures prises, les personnes visées, les responsables de leur mise en place et les fonds versés, ainsi que les canaux utilisés pour diffuser l'information. Il présente ensuite les cadres juridiques de ces mesures, ainsi que les mécanismes institutionnels de surveillance et de responsabilité mis en place. L'analyse fournit un compte-rendu sur l'implication des agences de lutte contre la corruption et des OSC, ainsi que sur les mécanismes de compte-rendu en place. Enfin, la dernière section couvre l'identification des risques de fraude et de corruption corrélés.

Ce rapport s'inscrit dans la volonté de l'ONUDC de fournir une vue d'ensemble et une compréhension plus approfondie des risques de fraude et de corruption qui compromettent les dispositifs de soutien d'urgence de Covid-19 à l'échelle mondiale.

Pour plus d'informations:

[1] UNODC, “Accountability and the prevention of corruption”, https://www.unodc.org/documents/Advocacy-Section/COVID-19_and_Anti-Corruption-2.pdf