Développer une réponse efficace aux combattants terroristes étrangers au Ghana

04-11-2020

ACCRA  Les combattants terroristes étrangers représentent une menace urgente et croissante pour la paix et la sécurité internationales. Leurs activités peuvent accroître l'intensité, la durée et l'imprévisibilité des conflits. Ils constituent une menace sérieuse pour leurs pays d'origine, les pays par lesquels ils transitent et les pays vers lesquels ils se rendent, ainsi que pour les États voisins des zones de conflit armé où ces combattants sont actifs.

De nombreux combattants quittent leur foyer sans intention de revenir et le font plutôt dans l'intention de commencer une nouvelle vie, de construire un nouvel "État" ou de mourir pour la cause pour laquelle ils sont venus dans la zone de conflit. Tous ne reviennent pas en tant que terroristes, et beaucoup reviennent précisément parce qu'ils sont devenus désillusionnés et ne souhaitent plus participer à un conflit armé. Cependant, ceux qui reviennent peuvent avoir été exposés à une violence extrême, à un entraînement sophistiqué et à une expérience du champ de bataille.

Un petit nombre de combattants terroristes étrangers qui rentrent au pays représentent donc une menace très importante pour la paix et la sécurité internationales.

L'ONUDC a organisé un atelier national sur les "Bonnes pratiques pour une réponse nationale efficace au phénomène des combattants terroristes étrangers" les 28 et 29 octobre 2020 à Accra, à l'intention des responsables de l'application des lois et de la justice pénale du Ghana.

Une vingtaine de participants du ministère de la justice, du ministère de l'intérieur, du ministère de la sécurité nationale, du ministère de la défense, des services d'immigration du Ghana et de l'unité antiterroriste ont pris part à l'atelier avec des experts de l'UNODC/TPB ainsi que d'organisations régionales et internationales.

M. Kodjo Mawuto, directeur du Border Fusion Centre, a reconnu le rôle crucial de l'UNODC dans le soutien aux États membres dans leur lutte contre le terrorisme et a souligné que la question du FTF est cruciale pour le Ghana, pays d'une région particulièrement touchée par le phénomène du terrorisme.

 

Le Border Fusion Centre, qui compte plus de 20 analystes issus de multiples agences liées aux frontières, vise à compléter la coordination entre les agences pour permettre au gouvernement de synchroniser ses efforts et sert de centre de partage d'informations pour la sécurité des frontières afin de faciliter une prise de décision rapide et éclairée.

Il a en outre indiqué que l'atelier a encouragé le Ghana dans sa lutte contre le terrorisme et lui a fourni de nouvelles perspectives sur la manière d'organiser ses efforts dans ce domaine. Remerciant l'ONUDC dans ses déclarations finales, il l'a encouragé à continuer d'organiser des formations antiterroristes à l'avenir.

La situation sécuritaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel a continué à se détériorer, souffrant d'un phénomène complexe et récurrent de terrorisme, en particulier au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria, qui menace de plus en plus les États côtiers d'Afrique de l'Ouest.

En Afrique de l'Ouest, on a constaté une augmentation du nombre de combattants délocalisés d'autres régions afin de rejoindre les groupes terroristes opérant dans la région.

Ces combattants bénéficient de la priorité accordée par les forces de sécurité et l'armée aux questions sanitaires et humanitaires en réponse à l'état d'urgence provoqué par COVID-19, ce qui entraîne une porosité des frontières et la vulnérabilité de certaines zones.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, dans sa résolution 2178 (2014), adoptée le 24 septembre 2014 en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies, reconnaît la menace croissante que représentent les combattants terroristes étrangers et demande aux États membres de prévenir et de réprimer le recrutement, l'organisation, le transport ou l'équipement de combattants terroristes étrangers.

 

En outre, la résolution 2396 (2017) du Conseil de sécurité des Nations unies a renforcé et complété les obligations internationales relatives à la sécurité des frontières et au partage d'informations, notamment l'utilisation des dossiers passagers (PNR) et des informations préalables sur les voyageurs (API), de la biométrie et des listes de surveillance.