Rencontrez les champions PROMIS*

30-11-2020

Chaque semaine, nous vous présentons l'un des champions du projet PROMIS. Des personnes de toute l'Afrique de l'Ouest qui, malgré la pandémie COVID-19, ont continué à défendre les droits des migrants et des victimes de la traite des êtres humains tout au long de la pandémie sanitaire mondiale.

*Le projet PROMIS est une initiative conjointe de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (OHCRH) qui vise à renforcer les capacités des États d'Afrique de l'Ouest à élaborer une réponse fondée sur les droits de l'homme au trafic de migrants et à réagir efficacement aux violations des droits de l'homme liées à la migration clandestine. La mise en œuvre initiale du projet se concentre sur le Mali, le Niger, le Sénégal, la Gambie et la Côte d'Ivoire, avec une extension ultérieure à d'autres pays d'Afrique de l'Ouest.

Le champion de la semaine:

Commissaire au sein de la Commission National des Droits Humains (CNDH) au Niger, Monsieur Brah Mamadou Ali préside le Groupe de travail qui traite des questions migratoires, de la lutte contre les discriminations et des pratiques esclavagistes. Il explique comment, dans le contexte de la pandémie de COVID-19, la CNDH assure la continuité de ses activités afin de protéger les droits des migrants et partage certaines expériences de soutien et appui aux migrants originaires du Niger.

Vous trouverez ci-dessous un extrait de l'interview réalisée avec l'OHCHR. Pour lire l'intégralité de l'interview, cliquez ici

 

Comment êtes-vous devenu commissaire à la CNDH et en quoi consiste votre fonction ? 

Les membres de la Commission portent le titre de Commissaire. C’est à ce titre que j’ai été élu par mes collègues Magistrats sur une liste de trois candidats. Je préside le Groupe de travail qui traite des questions migratoires, de la lutte contre les discriminations et des pratiques esclavagistes. Je suis en outre le représentant de l’Afrique de l’Ouest au Groupe de travail du Réseau Africain des Institutions Nationales des Droits de l’Homme (RINADH) sur la migration.

La CNDH est en charge de la promotion et de la protection des droits de l'Homme au Niger - Que fait-elle pour les droits des migrants?  

La Commission Nationale des Droits Humains du Niger reçoit les plaintes des migrants, diligente des enquêtes en cas de violation desdits droits, opère des visites notifiées ou inopinés dans les centres d’accueil, de transit et de rétention de ces derniers sur l’ensemble du territoire national. Aussi, ladite Commission, en même temps qu’elle apporte une assistance juridique et judiciaire aux migrants en situation de vulnérabilité, organise des sessions de renforcement de capacité des différents acteurs de la migration (Forces de Défense et de Sécurité, Magistrats etc.) et de sensibilisation des migrants eux-mêmes.

Comment le projet PROMIS s'intègre-t-il dans vos activités ?

Le Projet PROMIS s’intègre dans nos activités à travers la recherche de réponses efficaces aux violations des droits de l’homme en lien avec la migration qui fait partie  mandat de la CNDH à travers le Groupe de travail sur les questions migratoires. La Bridage de Veille pour les Droits des Migrants (BVDMN) pilotée par la CNDH et de l’ONG GRASPI à travers le Projet PROMIS avec le soutien financier de HCDH/BRAO a renforcé le dispositif de la Commission sur les questions de migration.

Comment la pandémie de COVID-19 a-t-elle affecté vos activités et notamment le travail en lien avec les migrants ? 

Aux premières heures de la pandémie, toutes les activités relatives à la promotion et à la protection des Droits de l’Homme ont été bloquées suite aux différentes restrictions imposées par le Gouvernement pour lutter contre ce fléau. Sur le plan migratoire, lesdites mesures ont eu pour conséquences :

- l’accroissement du flux migratoire en provenance de l’Algérie dans les centres de transit et d’accueil de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) qui du fait de la fermeture des frontières n’arrivait plus à acheminer les migrants dans leurs pays d’origine ;

- la mise en quarantaine des migrants au niveau du poste frontalier d’Assamaka a plus exposé les migrants qu’elle ne les a protégé contre la pandémie, la capacité d’accueil du centre ne répondant pas aux besoins ;

-  les mesures limitant les déplacements et surtout celles isolant la ville de Niamey souvent, même pour  assister les migrants (cas des migrant arrêtés et condamnés à Arlit sans avoir été assistés juridiquement et judiciairement)  ont interrompu toutes nos actions à l’endroit des migrants.

 

Pour plus d'information:

Découvrez les champions PROMIS* qui œuvrent pour la protection et la promotion des droits de l'homme des migrants durant la COVID-19.

L'interview dans son intégralité: Brah Mamadou Ali