L'ONUDC soutient les efforts du Gabon dans la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts 

28-12-2020

Le Gabon, pays doté d’une grande variété d’espèces sauvages et d’abondantes ressources naturelles, forestières et minières, est confronté à d’importantes menaces criminelles résultant du braconnage et du trafic illicite de ces ressources. Au-delà des dommages causés à l’environnement et à la biodiversité, de l’énorme perte économique pour le pays qui se voit dépossédé de son patrimoine naturel, ces trafics illicites représentent l’une des menaces les plus préoccupantes pour la paix, la sécurité et le développement durable du pays et de la région d’Afrique centrale en tant que source de financement pour les groupes criminels, terroristes et/ou rebelles opérant dans la sous-région.

Le trafic illicite d’espèces sauvages et de ressources naturelles, avec des revenues estimés entre 7 et 23 milliards de dollars, représente désormais la quatrième forme de criminalité la plus lucrative au monde après le trafic de drogue, la contrefaçon et le trafic d’êtres humains et, selon différentes sources, entre 20 000 et 30 000 éléphants africains sont tués pour répondre à la demande en ivoire des pays asiatiques.

Malgré l’impact sur la biodiversité, sur l’économie et sur la paix et la sécurité, et en dépit de la recrudescence du braconnage et de l’exploitation des ressources naturelles en Afrique Centrale ces dernières années, cette forme de criminalité transnationale organisée n’est pas gérée de façon adéquate, coordonnée et structurée par les autorités nationales de la sous-région.

Dans ce contexte, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), afin de renforcer les capacités de réponse judicaire des autorités gabonaises à cette forme de criminalité, a organisé un atelier de 4 jours (du 15 au 18 décembre 2020) au bénéfice des membres de la chaîne pénale (Officiers de police judiciaire) et des magistrats impliqués dans la lutte contre la criminalité faunique et de ressources naturelles.

L’atelier, présidé par la Directrice de la Formation continue de l’Ecole Nationale de Magistrature, Madame Sidonie Flore Ouwé, en présence de l'Ambassadrice de l'Union européenne, SE Rosario Bento Pais, qui a insisté sur l'importance de l’action conjointe entre l’Union européenne, la CEEAC et l’ONUDC dans la lutte contre le trafic illicite d’espèces sauvages et ressources naturelles et a réaffirmé l’engagement de l’Union européenne dans la protection de l’environnement et la lutte contre la criminalité faunique.

 

L’activité a permis aux participants d’examiner l’éventail du dispositif juridique et institutionnel en place pour faire face à cette forme de criminalité, de revoir le partage des rôles entre magistrats et acteurs de police judiciaire dans ce dispositif ainsi que la coordination de leurs actions et d’explorer et proposer des moyens concrets par lesquels les membres de la chaine pénale et associés - magistrats et membres des divers services d’application de la loi du Gabon peuvent améliorer le partage d'informations, la coopération et la coordination juridiques, notamment en ce qui concerne le partage d'informations essentielles sur les identités, les mouvements et activités des membres connus des organisations criminelles transnationales.

« Vous êtes désormais formés aux diverses techniques d’enquête sophistiquées, utilisées par les experts dans le monde. Je vous exhorte vivement à mettre ces connaissances en pratique, à cultiver le partage de l’information et l’intégrité, afin d’atteindre notre objectif commun de démantèlement des entreprises criminelles », a déclaré Sidonie Flore Ouwé, la Directrice de l’Ecole nationale de la magistrature.

L’activité rentre dans le cadre de la mise en œuvre du projet régional « Renforcement des capacités nationales et régionales des forces d’application de la loi, des Procureurs et du système judiciaire et renforcement de la coopération entre les États membres de la CEEAC pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages et le trafic illicite des ressources naturelles », financé par l’Union européenne.