Une stratégie holistique est essentielle pour lutter contre le trafic de produits médicaux falsifiés en Afrique de l'Ouest et du Centre

28-05-2021

DAKAR   Les médicaments antipaludiques contrefaits pourraient être responsables de 270 000 décès supplémentaires par an en Afrique subsaharienne, selon une étude de l'OMS. Dans certaines régions d'Afrique, plus de 30 % des médicaments vendus sont des produits médicaux non conformes aux normes ou falsifiés.

Avec 42% des saisies mondiales réalisées sur le continent africain, l'Afrique est le continent le plus touché par la falsification des médicaments.

En outre, la crise du COVID-19 a mis en évidence les dangers du commerce mondial de produits pharmaceutiques falsifiés tels que les faux kits de test, les faux vaccins, la chloroquine falsifiée et les produits de protection falsifiés. Lors d'une crise de santé publique telle que la pandémie actuelle, la lutte contre le trafic pharmaceutique devient encore plus aiguë et urgente.

Pour sensibiliser au fléau des produits médicaux falsifiés et discuter des réponses à apporter pour lutter contre la criminalité liée aux produits médicaux falsifiés dans cette région, le Bureau régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre (ROSEN) a organisé un événement parallèle à la 30ème session de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale, qui s'est tenue du 17 au 21 mai à Vienne, en Autriche.

Cet événement a mobilisé les parties prenantes de la société civile, du secteur privé et du secteur public pour qu'elles se réunissent et fassent face à cette menace croissante en Afrique occidentale et centrale.

Présidé par le Directeur Régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Dr. Amado de Andrés, tous les panélistes ont souligné la nécessité d'unir leurs forces pour soutenir les Etats de manière cohérente et coordonnée dans la lutte contre le trafic pharmaceutique.

"L’objectif de l’ONUDC est de développer un programme de soutien opérationnel qui permettra aux Etats de fournir une réponse durable et innovante à la criminalité liée aux produits médicaux falsifiés en Afrique de l’ouest et du centre. (…) Cette approche holistique se base sur la stratégie « Prévenir, Détecter, Réprimer » et recouvre des actions et systèmes qui se renforcent mutuellement (5 piliers) tout en mobilisant de nombreux partenaires et en respectant la souveraineté des Etats," a déclaré Hélène Giraud, Consultante en coordination de programmes d’application de la loi. 

La stratégie définie par l'ONUDC ROSEN s'articule autour de cinq piliers :

  • Sensibilisation : La population et les gouvernements doivent être informés des dangers des produits médicaux falsifiés.
  • Assistance législative : Les cadres juridiques de certains Etats sont inexistants ou faibles en ce qui concerne le trafic de produits médicaux falsifiés ou de qualité inférieure.
  • Innovation : Une approche innovante, en partenariats avec le secteur privé pour sécuriser la chaîne d'approvisionnement, est essentielle au succès de cette stratégie.
  • Criminalistique : l'obtention de preuves est un défi essentiel dans ce projet.
  • Renforcement des capacités et coopération : La coopération entre les services répressifs et tout au long de la chaîne pénale doit être développée.

Le développement de ce programme intégré de lutte contre le trafic pharmaceutique contribue à la réalisation des Objectifs de Développement Durable 3, 5 et 16 et a été rendu possible grâce au soutien financier de la France à travers le projet de l'ONUDC "Assistance à la CEDEAO et aux Etats membres d'Afrique de l'Ouest pour le développement et la mise en œuvre de stratégies de contrôle des drogues et de prévention du crime".