L’ONUDC poursuit son appui aux acteurs nationaux en Côte d’Ivoire pour prévenir et contrer l’utilisation d’engins explosifs improvisés par des groupes terroristes 

ABIDJAN. La menace terroriste, qui a longtemps été concentrée au Burkina Faso, au Mali et au Niger, s’est maintenant déplacée vers les États côtiers. Les évènements ayant eu lieu à la frontière septentrionale de la Côte d’Ivoire témoignent de cette évolution géographique et opérationnelle des groupes terroristes, lesquels multiplient les attaques dans le pays depuis avril 2021 et utilisent de plus en plus des engins explosifs improvisés (EEI). 

Dans ce contexte, le Service de Prévention du Terrorisme de l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNDOC/TPB) a souhaité poursuivre les travaux entamés en novembre 2021, lesquels ont permis d’établir une appréciation préliminaire des capacités de l’État en matière de lutte contre les EEI. Ainsi, du 29 au 31 mars 2022, une « Réunion consultative sur la prévention et la lutte contre l’acquisition et l’utilisation illicite d’engins explosifs improvisés par des groupes terroristes » a été organisée à Abidjan sous l’égide du Groupe de Travail pour l’Afrique de l’Ouest du Forum Mondial contre le terrorisme (GCTF-WAWG) avec le soutien financier de l’Allemagne.

Cette réunion a été le cadre d’échanges fructueux entre différents représentants d’entités ivoiriennes impliqués dans la prévention et la lutte contre le terrorisme en Côte d’Ivoire. Des participants ont notamment fait remarquer que la menace des EEI dépasse le cadre de l’action des groupes extrémistes violents et rentre dans celui du crime transnational organisé. En effet, les groupes criminels organisés utilisent les EEI pour intimider les forces armées gouvernementales qui essayent de réduire les trafics en tout genre (orpaillage illégal, trafic d’armes et de drogues, etc.).

À cet égard,Le Dr Amado Philip de Andrés, directeur régional de l'ONUDC pour l'Afrique occidentale et centrale, a déclaré : «La menace posée à l'aide d'EEI est d'une telle ampleur que seules des mesures fortes et ciblées pourront y faire face, d'autant plus que l'utilisation d'EEI est devenue l'un des modus operandi les plus courants des groupes terroristes. Les faits montrent que les incidents liés aux EEI ont considérablement augmenté en Afrique de l'Ouest depuis 2015, les populations civiles et les infrastructures étant visées..»

Les échanges qui ont eu lieu lors de cette activité ont permis de mettre en évidence une série de défis ainsi que des bonnes pratiques dans le contexte Ouest Africain et plus particulièrement dans le contexte de la Côte d’Ivoire.