Évaluation des risques de corruption au sein du système pénitentiaire malien

Bamako (Mali), 29 juin 2022 - Dans la lutte contre l'impunité, il est nécessaire de s'appuyer sur une chaîne de justice pénale solide et efficace. La corruption entrave la lutte contre la criminalité et compromet les performances de tous les secteurs de la chaîne pénale, y compris le secteur pénitentiaire. Le système pénitentiaire n'est pas à l'abri des risques de corruption, qui peuvent dégrader la sûreté et la sécurité des prisons et les rendre plus vulnérables aux pressions des groupes criminels organisés et à la violence extrémiste. 

Dans ce contexte, Dr Amado de Andrés, Directeur régional de l'ONUDC pour l'Afrique et du centre soutient : « il faut regarder toute la chaîne pénale : , les enquêtes, la coopération entre les acteurs judiciaires, la coopération avec les autres juridictions en Amérique latine et en Europe, les questions liées à la détention et réinsertion».

En réponse, après avoir entrepris un processus similaire en République centrafricaine (RCA) en 2021, en collaboration avec la MINUSCA, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) aide le Mali à mener une évaluation des risques de corruption dans son secteur pénitentiaire, dans le cadre d'un projet conjoint avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies au Mali (MINUSMA).

L'ONUDC et la Direction Nationale de l'Administration Pénitentiaire et de l'Éducation Surveillée (DNAPES) du Mali ont réuni quinze cadres occupant des fonctions clés au sein de la DNAPES et dans divers établissements pénitentiaires à Bamako et au-delà, afin d'évaluer et d'atténuer les risques de corruption dans le secteur pénitentiaire, en collaboration avec la MINUSMA. 

L'ONUDC et la Direction Nationale de l'Administration Pénitentiaire et de l'Éducation Surveillée (DNAPES) du Mali ont réuni quinze cadres occupant des fonctions clés au sein de la DNAPES et dans divers établissements pénitentiaires à Bamako et au-delà, afin d'évaluer et d'atténuer les risques de corruption dans le secteur pénitentiaire, en collaboration avec la MINUSMA. 

Un premier atelier s'est tenu à Bamako les 23 et 24 mai 2022 et a permis aux participants d'identifier et de prioriser les risques de corruption dans divers processus du système pénitentiaire, tels que le recrutement, la gestion des prisons ou encore les opérations financières. Cette activité s'est appuyée sur une évaluation initiale approfondie de la situation actuelle et des vulnérabilités potentielles du secteur pénitentiaire réalisée en 2021, dans le cadre du projet de soutien de l'ONUDC à la MINUSMA, lancé en 2020, ainsi que dans le cadre de son Programme Sahel.

Lors d'un deuxième atelier ayant eu lieu du 27 au 29 juin 2022 à Bamako, les participants ont examiné les causes sous-jacentes des principaux risques identifiés et ont conçu des stratégies sur mesure pour atténuer les risques de corruption. Le processus a conduit à l'adoption d'un Plan d'atténuation des risques de corruption comprenant des mesures concrètes, des indicateurs vérifiables, un calendrier et la mention des ressources nécessaires pour mettre ces stratégies en œuvre correctement. Les autorités maliennes vont maintenant assurer le suivi avec les participants sur la meilleure façon de mettre en œuvre les stratégies prioritaires pour réduire la corruption.