L'ONUDC a organisé une visite d'étude et un procès fictif bilatéral afin de renforcer la coopération transrégionale sur les questions de trafic d'êtres humains

Avec l’appui de la République d’Italie et en partenariat avec les autorités compétentes du Niger et du Maroc, du 1 au 5 aout, le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (ROSEN) et Bureau régional pour le Moyen Orient (ROMENA) de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) ont organisé à Casablanca et Rabat une visite d'études et une simulation bilatérale de procès entre les deux pays en vue de renforcer la coopération transrégionale sur les questions de la traite des personnes.

Le Niger est un point de départ, de transit et de destination pour les victimes de la traite des personnes et un des principaux pays de transit pour les migrants ouest-africains qui tentent de rejoindre l'Europe via l'Afrique du Nord. Le Royaume du Maroc, de par sa position géographique, est un pays de transit de migrants subsahariens désirant rejoindre l’Europe par les côtes espagnoles.

Pour ces deux pays, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants constituent des sujets de préoccupation grandissante pour lesquels leurs autorités ont fait de la lutte contre ces crimes une priorité. La lutte ne pouvant prospérer que par la coopération entre les Etats, l’ONUDC, dans son rôle de facilitation de la coopération entre les Etats parties à la Convention des Nations Unies contre la Criminalité transnationale organisée (CTO), a organisé en partenariat avec les institutions en charge des questions de traite des personnes et trafic illicite de migrants une visite d'études et une simulation bilatérale de procès entre le Maroc et le Niger en vue de renforcer la coopération transrégionale dans les affaires de traite et trafic le long des routes migratoires vers l’Europe. Cela pour permettre aux acteurs de la justice pénale du Niger et leurs homologues au Maroc de partager et d’échanger, sur le plan stratégique ainsi que opérationnel, sur les bonnes pratiques et les principaux défis en termes de coopération sécuritaire et judiciaires face à la lutte contre ces crimes.

Dans ce contexte, le Dr Amado Philip de Andrés, directeur régional de l'ONUDC pour l'Afrique occidentale et centrale, a déclaré : "Il est urgent d'améliorer l'efficacité des enquêtes et d'intensifier le développement d'un modèle de réponse consolidé dans toutes les régions d'Afrique, car la traite des êtres humains et le trafic de migrants ne connaissent pas de frontières."

L’activité a réuni des acteurs de la justice pénale et des agents d’application de la loi des deux pays qui ont travaillé pendant quatre jours sur un cas pratique à résoudre avec l’application de la législation et des instruments internationaux qui facilitent l'échange d'informations, les enquêtes conjointes et la coopération judiciaire. 

Les quatre jours de simulation ont été précédés par des visites par la contrepartie nigérienne du Laboratoire National de la Police technique et scientifique de Casablanca, de la Cellule d’accueil des femmes et enfants victimes de violence et de traite des personnes à Rabat, affiliées à la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), ainsi que du Ministère de la justice et de la Commission nationale chargée des mesures de lutte et de prévention contre la traite des personnes au Royaume du Maroc. Lors des la dernière rencontre, une déclaration conjointe a été signée entre le Royaume du Maroc et la République du Niger à l’occasion de la Commémoration de la journée mondiale de lutte contre la traite des personnes, célébrée chaque 30 juillet.

A travers l’appuis de l’ONUDC, des échanges directs entre les autorités des deux pays sur les bonnes pratiques et les défis relatifs à la réponse à la traite des personnes et au trafic illicite de migrants ont été facilités et des canaux d’apprentissage mutuel et de développement d’initiatives conjointes entre les deux pays en matière de coopération judiciaire et sécuritaire ont été promus dans le but de renforcer la coopération régionale et internationale et l'échange d'informations opérationnelles sur la traite des personnes et le trafic de migrants, par le biais d'une approche fondée sur les droits de l’Homme.

L’activité a été organisée dans le cadre du projet « Renforcement de la coopération judiciaire internationale pour lutter le trafic de migrants et les crimes connexes au Niger », qui s’inscrit dans la continuité du Projet PROMIS (Protection des Migrants) développé conjointement par l’ONUDC et le Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), dans son volet relatif au renforcement de la coopération judiciaire entre les pays d’origine, transit et destination. Ledit volet est financé par la République d’Italie et mis en œuvre par le Bureau régional de l'ONUDC pour Afrique de l’Ouest et du Centre.