Renforcement des réponses de la justice pénale au trafic de drogue et à la criminalité transnationale organisée connexe en Afrique de l'Ouest

Septembre 2022 - Le projet régional CRIMJUST - "Renforcement des réponses de la justice pénale au trafic de drogue et à la criminalité transnationale organisée connexe dans les pays francophones côtiers d'Afrique de l'Ouest", financé par le Département d'Etat américain, a dispensé deux formations de formateurs sur l'éthique et l'intégrité à 15 enquêteurs de la Police républicaine et de la Gendarmerie, respectivement à Cotonou et à Lomé. Ces activités de renforcement des capacités ont été développées et dispensées en partenariat avec le Service de lutte contre la corruption et les crimes économiques de l'ONUDC.

Ces activités visaient à renforcer les capacités des agents chargés de l'application de la loi à identifier et à traiter les risques de corruption dans les opérations quotidiennes, ainsi qu'à fournir une plateforme aux participants pour discuter et réfléchir à des stratégies et mécanismes de lutte contre la corruption. A Lomé, cette activité a été inaugurée par M. Hainer Ernesto Sibrian, Chef intérimaire de la Police et de l'Economie de l'Ambassade des Etats-Unis à Lomé, le Lieutenant-Colonel Edouyé Awadé, Directeur adjoint de l'Administration, des finances et du soutien de la Gendarmerie nationale, et Mme Vanessa Fleming, Chef du Bureau de l'ONUDC à Cotonou et Coordinatrice du projet CRIMJUST en Afrique de l'Ouest. Dans leurs remarques, ces trois représentants ont réitéré leur engagement à travailler ensemble pour assurer et soutenir le respect par le Togo de ses engagements internationaux conformément à la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) et à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CNUCC).

Pendant quatre jours, les participants ont examiné une série de scénarios pratiques afin de discerner les différentes formes de corruption, de renforcer la compréhension et l'application de la législation pertinente ainsi que de discuter et d'aborder les vulnérabilités auxquelles sont confrontés les enquêteurs dans les affaires de criminalité organisée. Les participants ont été invités à s'appuyer sur la législation nationale et internationale pour élaborer des réponses efficaces et à réfléchir à des techniques alternatives et nouvelles pour renforcer l'intégrité institutionnelle dans leurs unités.

En outre, cette activité a donné un aperçu des méthodes et pratiques d'enseignement, en demandant aux participants d'assumer le rôle de formateur et de présenter certains modules à leurs pairs. Il est prévu que ces participants reproduisent cette formation dans leurs unités respectives fin septembre et début octobre. Cette approche du renforcement des capacités vise non seulement à promouvoir la rationalisation des formations en matière d'éthique et d'intégrité au sein de la Police et de la Gendarmerie, mais aussi à renforcer les possibilités de développement professionnel des agents des deux institutions.

Ces deux activités rejoignent les efforts de CRIMJUST et de l'ONUDC pour promouvoir des mécanismes de responsabilité, d'intégrité et de contrôle plus importants, qui font partie intégrante des réponses justes et efficaces de la justice pénale au trafic de drogue et au crime organisé qui y est lié. Elles font écho aux commentaires de M. Amado de Andrés sur les conséquences de la perception de la corruption sur l'efficacité de l'application de la loi lors de l'événement parallèle à la Conférence des Parties de 2021 sur l'intégrité dans la gestion des frontières : " Lorsque les organismes d'application de la loi sont perçus comme corrompus, leur crédibilité est affaiblie, ce qui a un impact inévitable sur la confiance des citoyens dans toutes les institutions publiques. Cette perte de confiance des citoyens dans les institutions publiques entrave l'efficacité de l'application de la loi et de la gestion des frontières, car les communautés locales sont plus réticentes à partager des informations, et les autorités étrangères peu enclines à échanger des renseignements et à coopérer avec leurs homologues, perçus comme corrompus."

Ces activités de renforcement des capacités ont été financées par le Bureau des affaires internationales de stupéfiants et de répression (INL) du Département d'État américain, organisées dans le cadre du programme CRIMJUST - Criminal Network Disruption Global Programme. Ce programme mondial CRIMJUST est financé par l'Union européenne et par le Bureau américain des affaires internationales de stupéfiants et de répression (INL). Il vise à renforcer les stratégies répressives et judiciaires de lutte contre les stupéfiants au-delà des activités d'interdiction et à encourager les réponses transnationales ciblant chaque étape de la chaîne d'approvisionnement en drogue.