Alors que l'économie mondiale est de plus en plus interconnectée, les possibilités d'échange et de commerce se multiplient à travers le monde. Les voies maritimes sont les autoroutes du commerce international ; plus de 750 millions d'Equivalents vingt pieds (EVP) sont transportés par la mer chaque année, représentant 90 % du commerce mondial de marchandises. Si, d'une part, cela présente des opportunités pour les gouvernements et les entreprises, ça facilite d'autre part les activités illicites comme le transport de biens légaux utilisés pour le blanchiment d'argent, de drogues illicites et même d'armes et de matières servant à fabriquer des armes de destruction massive par des terroristes et des groupes criminels organisés transnationaux.

Ces acteurs tirent profit de la quantité de marchandises expédiée chaque année, rendant extrêmement difficile un contrôle efficace des marchandises expédiées. En effet, moins de 2% des conteneurs expédiés sont soumis à un contrôle. La détection des produits illicites est également empêchée par la prolifération de mesures de dissimulation sophistiquées rendues possible par la corruption ainsi que par les ressources limitées des systèmes portuaires et le manque de confiance et de coordination entre les organismes publics et les acteurs du secteur privé. Cette situation fait donc peser de graves menaces sur la sécurité internationale, la chaîne d'approvisionnement mondiale et le développement durable des pays.

  

Dans ce contexte, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), en collaboration avec l'Organisation Mondiale des Douanes (OMD), a élaboré le Programme de Contrôle des Conteneurs (PCC).

Ce programme vise à aider les pays qui cherchent à améliorer la gestion des risques, la sécurité de la chaîne d'approvisionnement et la facilitation du commerce dans les ports maritimes, en renforçant les capacités techniques des douaniers frontaliers et autres agents des services de détection et de répression.

Face à un problème aussi complexe et mondialisé que le commerce illicite, le PCC adopte une approche nuancée, holistique et multisectorielle en assurant un suivi et un contrôle continus, en offrant des programmes de formation adaptés au contexte et en renforçant la coopération entre les organismes publics et le secteur privé.

Reconnaissant la contribution importante des femmes dans le cadre de l'application de la loi, le PCC a pris des mesures pour remédier aux disparités entre les sexes à tous les stades de la mise en œuvre des projets. Afin de promouvoir plus activement le rôle des femmes dans le PCC et d'œuvrer en faveur de l'égalité des sexes dans la profession policière, un Réseau de femmes du PCC a été créé en août 2015 (voir les bulletins).

 PCC en Afrique de l'Ouest

En Afrique de l'Ouest, le PCC a mis en place des Unités de Contrôle Portuaires (UCP) dans les ports de Cotonou (Bénin), Dakar (Sénégal), Lomé (Togo) et Tema (Ghana). Ces dernières années, le travail des UCP dans la région s'est principalement concentré sur la criminalité liée à la pêche. Cette dernière est un concept juridique mal défini qui fait référence à une série d'activités illégales commises tout au long de la chaîne de la pêche, notamment la corruption, la fraude documentaire, le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. [1]   En raison du manque d'application des peines prévues, des profits élevés de ces activités et de l'absence de coopération transfrontalière en matière de répression, les groupes criminels transnationaux organisés sont de plus en plus impliqués dans ces activités.

Le PCC en Afrique de l'Ouest vise donc à améliorer les connaissances des agents de première ligne sur la manière de détecter et de prévenir la criminalité liée à la pêche dans la chaîne d'approvisionnement commerciale conteneurisée. Les agences formées travaillent désormais ensemble pour relever ce défi et le secteur privé et les communautés locales travaillant dans les ports sont également impliqués et coopèrent avec les départements de la pêche et les agents des forces de l'ordre dans les UCP.

Depuis la mise en œuvre du PCC, les unités établies dans le monde entier ont enregistré des saisies impressionnantes. En Afrique de l'Ouest, les UCP ont saisi plus de 2 tonnes de cocaïne, 127,4 kg d'héroïne, 97 kg de méthamphétamine, 350 kg de substances psychoactives, plus de 156 tonnes de tramadol, 23109 kg et 13200 boîtes d'autres médicaments (contrefaits ou sans licence), 4.5 tonnes de marchandises illicites liées à la faune, 1 conteneur de biens culturels, plus de 200 tonnes de cigarettes contrefaites, plus de 120 véhicules volés, plus de 50 tonnes de produits alimentaires endommagés, 4 conteneurs d'infractions diverses, 22 tonnes d'autres infractions et plusieurs envois liés à la fraude fiscale.


[1] 'Fisheries Crime', UNODC Website, <https://www.unodc.org/unodc/about-unodc/campaigns/fisheriescrime.html>.

Plus d'informations :

Programme de contrôle des conteneurs de l'ONUDC et l'Organisation mondiale des douanes

Bulletin de Réseau des femmes, juillet 2019 (EN)

Bulletin de Réseau des femmes, mars 2019 (EN)

Bulletin Réseau de femmes, novembre 2018 (EN)

Bulletin Réseau de femmes, août 2018 (EN)

Bulletin Réseau de femmes, mars 2018 (EN)

Bulletin Réseau de femmes, novembre 2017 (EN)