L’ONUDC soutient les efforts du Tchad dans la lutte contre la criminalité liée au trafic d’espèces protégées et autres ressources naturelles 

31-06-2021

N’DJAMENA   Le Tchad, pays doté d'une grande variété d'espèces sauvages et d'abondantes ressources naturelles, forestières et minières, est confronté à d'importantes menaces criminelles dues au braconnage et au trafic illicite de ses ressources. Le pays bénéficie de vastes gisements de minéraux tels que l'or, le fer, la bauxite, le sel et le natron, mais aussi du cuivre, de l'étain, du tungstène, des graffitis et même des diamants, et abrite une importante population d'éléphants.

Cependant, une grande partie des activités minières actuelles du Tchad sont exploitées illégalement par des réseaux de criminalité organisée et sa faune est fortement menacée par les braconniers et les trafiquants d'ivoire. En effet, entre 2002 et 2010, les braconniers ont tué environ 4 000 éléphants.

Au-delà des dommages causés à l'environnement et à la biodiversité et des pertes économiques énormes pour le pays, l'exploitation et le trafic illicites de ses ressources naturelles contribuent à alimenter et à financer les groupes criminels, terroristes et rebelles opérant dans le pays.

Comme le souligne le Directeur régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr. Amado Philip de Andrés, « le Tchad est une voie de transit majeure pour les trafiquants en route vers les pays voisins tels que le Cameroun, le Gabon, le Congo et la République centrafricaine, en raison de sa situation géographique aux portes des forêts d'Afrique centrale. L’ONUDC est engagée envers la protection de l'environnement et l'état de droit dans la région. »

Afin de renforcer la capacité judiciaire des autorités tchadiennes à lutter contre les crimes liés aux ressources naturelles, l'ONUDC a organisé trois activités complémentaires en juin 2021 à N'Djamena. La première activité a rassemblé 31 participants de la Police Nationale, de la Gendarmerie, des Douanes, des gardes des Eaux et Forêts et des procureurs qui ont élaboré une série de recommandations pour renforcer la coopération inter-agences dans la lutte contre l'exploitation illicite des ressources naturelles et la criminalité liée à la faune sauvage.

La deuxième activité, une revue des cadres juridiques et institutionnels en place pour lutter contre ces crimes, a permis de commencer la rédaction d'un Guide de référence rapide pour les premiers intervenants luttant contre cette forme de criminalité.

Enfin, la troisième activité, un atelier sur la gestion des scènes de crime pour les premiers intervenants a été organisé, au cours duquel 24 agents des agences susmentionnées ont été formés à l'élaboration adéquate d'actes de procédure pénale à transmettre aux procureurs et à la collecte de preuves pouvant servir à l'identification et à la poursuite des co-auteurs, complices et commanditaires de ces infractions.

Ces activités s'inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du projet régional de l'ONUDC "Renforcement des capacités judiciaires des États membres de la CEEAC dans la lutte contre le trafic illicite de ressources naturelles", financé par l'Union européenne par le biais de son Programme d'appui aux réformes et au renforcement des capacités institutionnelles de la CEEAC (PARCIC).