Communiqué de presse

Baisse très marquée dans la production de pavot en Afghanistan, selon l'UNODC

Culture stable, production en baisse et hausse des prix

Le Directeur exécutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) annonce le risque de voir une augmentation de la culture du pavot du fait de la hausse des prix.

Vienne/Kaboul, 30 septembre 2010 (UNODC) - Alors même que la culture du pavot se maintient à un niveau similaire à celui de 2009, la production de l'opium a baissé de moitié en 2010, selon le rapport annuel de l'UNODC sur la culture du pavot en Afghanistan, rendu public aujourd'hui.

«Ceci est une bonne nouvelle mais il ne faut pas se laisser aller à un excès d'optimisme : le marché pourrait redevenir intéressant pour les cultivateurs de pavot, il faut donc contrôler la situation de très près », indique Yury Fedotov, Directeur exécutif de l'UNODC.

Le plus gros de la culture du pavot se concentre toujours dans les provinces méridionales et occidentales du pays, d'après le rapport.

«Ces régions sont dominées par l'insurrection et les réseaux de criminalité organisée. Cela souligne le lien existant entre la culture du pavot et l'insécurité en Afghanistan, une tendance observée depuis 2007 », précise M. Fedotov.

 

Une culture stable

La culture du pavot demeure stable, à 123.000 hectares (ha), une baisse comparé aux 193.000 hectares de 2007, avec 98% de la culture concentrée dans neuf provinces du Sud et de l'Ouest du pays. Hilmand et Kandahar sont en tête, Hilmand regroupant à elle seule 53% de la culture totale du pavot en Afghanistan.

Les vingt provinces libres de toute culture de pavot restent inchangées en 2010 et quatre nouvelles provinces (Kunar, Laghman, Zabul et Hirat) sont presque dénuées de toute culture.

 

Une production en baisse

La production totale d'opium en 2010 est estimée à 3.600 tonnes (mt), une baisse de 48% depuis 2009. Cette diminution est largement une conséquence de la maladie qui a touché les champs de pavot, en particulier ceux de Hilmand et Kandahar.

Par conséquent, le rendement a baissé de 48%, de 56.1 kg par hectare l'année précédente à 29.8 kg par hectare.

Environ 87% de la production totale d'opium était localisée dans le Sud (6.026 mt) et 12% à l'Ouest en 2009.

Les maladies végétales sont une occurrence normale partout dans le monde. En Afghanistan, pays qui produit 92% de l'opium mondial, celles-ci peuvent atteindre les champs de pavot. La maladie qui fait rage actuellement attaque les racines des plantes pour ensuite grimper le long de la tige, ce qui assèche et détruit la capsule d'opium. Ces signes sont similaires à ceux observés lors d'épidémies passées.

 

Une hausse des prix

L'an dernier, plusieurs études indiquaient que les agriculteurs considéraient l'abandon de la culture du pavot, du fait de la faiblesse des prix. Après une baisse constante entre 2005 et 2009, les prix sont de nouveau à la hausse. En 2010, le prix moyen au producteur de l'opium sec au moment de la récolte était de 169 dollars US par kg - une hausse de 164% depuis 2009, quand le prix était de 64 dollars US par kg.

A court terme, la baisse de la production d'opium a provoqué une augmentation des prix. Malgré la baisse de la production globale, les revenus au producteur sont augmentés de manière significative. Maintenant que la valeur de l'opium est de nouveau importante, le revenu brut des agriculteurs par hectare a augmenté de 36%, atteignant 4.900 dollars US.

«Nous devrons surveiller la tendance et l'évolution des prix durant les prochains mois pour établir un véritable indice de l'effet de la baisse de la production cette année sur le marché de l'opium», dit M. Fedotov. «Si les prix continuent d'augmenter, cela indiquera un manque dans les réserves du marché, et si les prix restent stables ou baissent, cela montrera que les stocks accumulés durant les surproductions des années précédentes commencent à pénétrer le marché».

Le bas prix du blé, une culture alternative importante, a contribué à aggraver le problème. «Nous sommes inquiets que, en plus du prix en hausse de l'opium, le bas prix du blé ne pousse les agriculteurs vers la culture de lu pavot », note M. Fedotov.

L'éradication était à son niveau le plus bas depuis le début de la surveillance en 2005. Le Ministre afghan de la lutte contre les stupéfiants et l'UNODC ont relevé que le programme mené par les gouverneurs a éradiqué un total de 2.316 ha. Malgré le fait que le Hilmand enregistre le nombre d'hectares éradiqués le plus élevé (1.602 ha), ce nombre est minimisé par l'importance de la culture du pavot dans cette province (65.045 ha).

Encore une fois, le bilan humain est important. Même si le nombre d'attaques contre les équipes des programmes d'éradication a baissé cette année, ils enregistrent néanmoins 28 morts, contre 21 en 2009.

 

Une responsabilité internationale partagée

M. Fedotov appelle à la mise en œuvre d'une stratégie globale pour mettre un frein à la menace que représente l'opium afghan, stratégie qui inclurait le renforcement de l'Etat de droit et de la sécurité et encouragerait le développement. « La corruption et le trafic de drogues sont ici interdépendants et ruinent tout effort de développement en Afghanistan. Nous devons continuer à encourager le gouvernement afghan à lutter contre la corruption ».

Une coopération régionale plus robuste a été cruciale pour contenir le trafic de drogue, selon M. Fedotov. « En affrontant la menace posée par l'opium afghan, nous devons garder à l'esprit que ceci est un problème global, qui affecte la santé et la sécurité dans de nombreux pays. Ainsi notre réponse ne doit pas se limiter à l'Afghanistan, ni même aux principaux pays touchés par le trafic d'opium », insiste-t-il.

La première priorité a été de limiter la demande. « Nous ne devons pas oublier le rôle du consommateur dans cette équation fatale. Si nous ne réduisons pas la demande d'opium et d'héroïne, nos interventions contre l'offre ne seront pas efficaces. Tant que la demande est moteur du marché, il y aura toujours un fermier pour en remplacer un autre que nous aurons convaincu de cesser la culture du pavot, et un autre trafiquant pour remplacer celui que nous aurons arrêter ».

« Nous avons besoin d'une stratégie plus large pour soutenir les agriculteurs en Afghanistan en leur donnant accès aux marchés et à un environnement plus sur. La sécurité et la stabilité, combinées à des opportunités de développement alternatif durables, pourront donner une chance aux agriculteurs de vivre sans dépendre de la culture du pavot », indique M. Fedotov.

 

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