Un partenariat entre les secteurs public et privé est essentiel pour lutter contre le crime organisé

Image: UNODC English / Anglais

8 avril 2011 - Le commerce de marchandises et de médicaments illicites, et même de personnes est une affaire très lucrative. Ses bénéfices sont même supérieurs à ceux des grandes multinationales. Selon des estimations récentes, la criminalité internationale organisée - sous toutes ses formes - génère des profits illicites qui représentent jusqu'à 5% du produit intérieur brut mondial.

Contrairement au secteur privé, la criminalité transnationale organisée n'est pas contraint par des législations nationales ou internationales ou par des règlements, et malgré l'existence d'outils mondiaux efficaces contre le blanchiment d'argent, il semble que seulement moins d'1% des produits du crime blanchi à travers le système financier mondiale soit intercepté et saisi.

Durant sa 19e session qui a eu lieu en mai 2010, la Commission sur la prévention du crime et la justice pénale a demandé à l'UNODC d'examiner les efforts fournis par les États membres dans leur utilisation des partenariats public-privé comme mécanisme de lutte contre la criminalité transnationale, et d'identifier les domaines prioritaires pour renforcer de tels partenariats.

En conséquence, l'UNODC a organisé un symposium aujourd'hui à Vienne rassemblant des responsables gouvernementaux et des experts du secteur privé des institutions bancaires et financières, des compagnies maritimes internationales et des organisations de travail pour la lutte contre la criminalité de la faune et de la flore ainsi que la cybercriminalité. Les experts ont échangé leurs meilleures pratiques et ont discuté de la possibilité de futures initiatives dans lesquelles les sociétés publiques et privées pourront travailler ensemble pour lutter contre la criminalité transnationale, qui peut, étant donné les énormes quantités d'argent en jeu, nuire à l'économie légitime, corrompre les représentant de la loi et même truquée des élections d'Etat.

S'exprimant lors du symposium, Yuri Fedotov, directeur général de l'UNODC, a déclaré: "La mondialisation a changé la nature du crime organisé. Nous avons besoin d'une réponse globale qui renforce la résistance à la criminalité transnationale organisée au niveau de son origine, le long du circuit du trafic et au bout de ses ramifications. Cela exige une coopération internationale entre les États membres ainsi que des partenariats associant les gouvernements, les entreprises, la société civile et les organisations internationales."

M. Fedotov a ajouté: "Le secteur privé est soumis à des mesures juridiques et réglementaires visant à protéger les marchés publics et à favoriser la concurrence. Mais dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée, le secteur privé a également besoin d'une autorégulation commerciale pour faciliter la distinction entre les flux commerciaux licites et illicites. Il faut aussi empêcher l'exploitation criminelle des activités du secteur privé. Par exemple, les efforts pour prévenir la traite des personnes et le fait de maintenir l'exploitation du travail forcé hors des chaînes d'approvisionnement contribue à arrêter cet esclavage des temps modernes. "

"Prévenir la criminalité transnationale organisée est bon pour les affaires, mais les premiers bénéficiaires sont les gens ordinaires. Vos efforts peuvent aider à favoriser le développement et créer des économies plus fortes et des collectivités plus sûres, donner aux gens de nouvelles opportunités et des espoirs pour l'avenir. En travaillant ensemble, vous pouvez faire une réelle différence dans la vie des gens partout dans le monde", a déclaré M. Fedotov.

Les résultats du colloque contribueront à éclairer le cadre du débat de la prochaine session de la Commission sur la prévention du crime et la justice pénale (CCPCJ), qui se tiendra du 11 au 15 avril 2011. La Commission est l'organe central d'élaboration des politiques au sein du système des Nations Unies qui traite de la prévention du crime et de la justice pénale, et le Conseil d'administration pour le travail de l'UNODC dans ces domaines. Au cours de la Commission de cette année, les ministres et les fonctionnaires des Etats membres du CCPCJ vont discuté des progrès dans les efforts internationaux pour faire face à la criminalité transnationale organisée, y compris les problèmes émergents tels que la cybercriminalité. La Commission consacrera une séance spéciale sur l'utilisation des technologies à des fins d'abus et d'exploitation des enfants.

Informations complémentaires:

The Globalization of Crime Report

UNODC and Organized Crime

20th Session of the Commission on Crime Prevention and Criminal Justice

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