Lors de la Journée internationale des migrants, le chef de l'ONUDC déclare qu'il faut en faire davantage pour endiguer la marée de tragédies

Le 18 décembre 2013 - La Journée internationale des migrants est un rappel poignant que 2013 a été une année meurtrière pour les migrants. Alors que les tragédies en mer sont récurrentes, la communauté internationale a été particulièrement choquée quand plus de 360 ​​migrants en provenance d'Afrique se sont noyés en essayant d'atteindre l'île italienne de Lampedusa au mois d'octobre. Cette catastrophe est à ce jour le seul naufrage de migrants meurtrier jamais enregistré.

Le Directeur exécutif de l'ONUDC, Yury Fedotov dont l'Office est le gardien de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et du Protocole contre le trafic illicite de migrants, a reconnu qu'il s'agissait d'une activité à faible risque et à haut rendement pour les criminels.

« Les trafiquants facturent la traversée de quelques centaines de dollars à 50.000 dollars par personne, en fonction du parcours. Selon les recherches de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, le trafic de migrants de l'Est, du Nord et de l'Ouest de l'Afrique vers l'Europe, de l'Asie du Sud-est et de l'Est vers l'Europe et les Amériques et de l'Amérique du Sud vers l'Amérique du Nord génèrent environ 8,3 milliards de dollars par an pour les criminels opérant le long de ces routes », a déclaré M. Fedotov.

L'ONUDC travaille avec les États membres pour aider à établir la législation mais aussi pour renforcer et coordonner les réponses contre ces criminels et lutter contre ce trafic de migrants. Alors que 138 États ont ratifié le Protocole depuis son entrée en vigueur il y a près d'une décennie, une meilleure protection et un plus grand soutien pour les migrants clandestins s'avèrent être des mesures nécessaires et urgentes. 

« Trop souvent, les réponses se sont limitées au contrôle des frontières et à l'interception des migrants en situation irrégulière, c'est à dire dépourvus de l'autorisation ou des documents requis pour pouvoir entrer dans le pays de destination. Mais ces mesures ne contribuent guère à dissuader des trafiquants uniquement motivés par la réalisation de bénéfices illicites et adaptant leurs méthodes et les itinéraires de déplacement rendant le voyage des migrants encore plus périlleux », a déclaré M. Fedotov. Ce dernier a également constaté que les criminels ont profité d'un contrôle de l'immigration, d'une protection des frontières et des systèmes de sécurité publique affaiblis par la corruption. Selon lui, « La lutte contre la corruption est donc un élément essentiel de toute stratégie efficace pour contrecarrer le trafic de migrants ».

M. Fedotov a appelé à une plus grande coopération internationale pour prévenir d'autres tragédies : « Afin de mettre un terme au trafic de migrants, il est nécessaire de conduire une action globale visant à prévenir et empêcher ce trafic à son stade le plus précoce grâce à des meilleurs renseignements et une capacitation plus approfondie seule à même de contrer ce problème. La prévention n'est possible qu'en présence d'une coopération robuste et d'une entraide entre les pays d'origine, de transit et de destination. »

Lors d'un dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement qui s'est tenu à l'Assemblée générale des Nations Unies en Octobre, les États membres ont appelé à l'inclusion de la question des migrations dans le programme de développement des Nations Unies post-2015. Ils se sont engagés à élaborer un cadre pour la protection des migrants affectés par les crises humanitaires et ont reconnu la nécessité de faciliter la coopération internationale pour relever les défis de la migration tout en assurant le respect intangible des droits de l'homme.

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